Windows 11 dépasse enfin Windows 10 en 2026 :
près de 7 PC Windows sur 10 ont basculé.
Ce que disent vraiment les chiffres d’adoption.
Windows 11 n’est plus le système que l’on repousse. Il est devenu la version dominante, sans que cela signifie qu’il ait convaincu. La bascule tient bien plus à la fin d’une échéance et au remplacement naturel des machines qu’à un enthousiasme soudain des utilisateurs.
Où en est vraiment l’adoption
La trajectoire mesurée par Statcounter a de quoi surprendre. En décembre 2025, Windows 11 plafonnait autour de 50,7 % des versions de Windows utilisées sur ordinateur dans le monde. En janvier 2026, il bondissait à 62,4 %. En février, il culminait à 72,6 %.
Puis la courbe s’est légèrement repliée. En juin 2026, le même outil mesurait 69,9 % pour Windows 11 contre 28,1 % pour Windows 10. Les relevés d’août situent Windows 11 autour de 68,6 % et Windows 10 aux alentours de 30 %.
Ce reflux n’efface rien de l’essentiel : en huit mois, le rapport de force s’est inversé de façon durable. La question n’est plus de savoir si Windows 11 dépassera son prédécesseur, mais combien de temps Windows 10 conservera encore près d’un tiers du parc.
Un détail de vocabulaire mérite d’être posé, parce qu’il change la lecture de tous ces pourcentages. Ces chiffres décrivent la répartition à l’intérieur du monde Windows, pas la place de Windows sur l’ensemble des ordinateurs. Sur ce second terrain, Windows représente environ 56 % du trafic mesuré sur ordinateur, le reste se partageant entre macOS, les systèmes libres et les machines de bureau fonctionnant sous ChromeOS. Dire que Windows 11 équipe sept ordinateurs sur dix serait donc faux : il équipe sept PC Windows sur dix.
Pourquoi ces chiffres demandent de la prudence
Reprendre ces pourcentages sans réserve serait une erreur, et plusieurs rédactions spécialisées l’ont signalé dès la publication des relevés de février.
Ce n’est pas un recensement. Statcounter mesure des pages vues sur un réseau de sites partenaires, pas le nombre d’ordinateurs installés. Un poste très utilisé pour naviguer pèse davantage qu’un poste de production qui ne sort jamais sur le web.
L’outil s’est déjà trompé. En octobre 2025, il avait attribué à Windows 7 une part de 9,61 % contre 3,59 % le mois précédent, une anomalie manifeste corrigée par la suite. Les robots d’indexation et les automates faussent régulièrement ce type de mesure.
Le bond n’a pas de déclencheur identifié. Vingt-deux points gagnés en soixante jours, sans lancement majeur ni campagne exceptionnelle, cela reste inexpliqué. La tendance de fond est réelle, l’ampleur exacte du mouvement l’est beaucoup moins.
Le seul chiffre officiel
Une donnée échappe à ces incertitudes, parce qu’elle vient de l’éditeur lui-même. Fin janvier 2026, Microsoft a annoncé que Windows 11 avait franchi le seuil du milliard d’utilisateurs.
L’entreprise a souligné que ce cap avait été atteint plus rapidement que par Windows 10 en son temps. La comparaison mérite d’être nuancée : le parc mondial d’ordinateurs et le rythme de renouvellement ne sont plus les mêmes qu’au milieu des années 2010, et une échéance de fin de support n’avait alors pas le même effet d’entraînement.
Ce chiffre reste néanmoins la mesure la plus solide disponible. Il confirme la tendance décrite par les relevés indépendants sans en reprendre la précision suspecte.
Ce qui explique la bascule
La fin d’une échéance
Le support standard de Windows 10 s’est arrêté le 14 octobre 2025. Depuis, plus de correctifs de sécurité mensuels ni d’assistance technique pour les postes hors dispositif spécifique. C’est le facteur déclencheur.
Le remplacement des machines
Depuis des années, la quasi-totalité des ordinateurs neufs sont livrés avec Windows 11. Chaque achat fait mécaniquement progresser sa part, sans qu’aucune décision de migration ne soit prise.
Le matériel qui rattrape
Les exigences initiales, autour du module de sécurité matériel et des générations de processeurs, avaient exclu des millions de machines parfaitement fonctionnelles. Cinq ans plus tard, le parc y répond naturellement.
Les entreprises qui s’y mettent
Une migration de parc suppose de valider les logiciels métiers, les périphériques, les pilotes, les outils de sécurité et les politiques internes. Ces chantiers, engagés depuis deux ou trois ans, arrivent à terme au même moment.
Et l’intelligence artificielle ?
Microsoft pousse fortement Copilot et les machines dédiées. Ces fonctions alimentent la communication autour du matériel neuf, mais rien ne permet d’en faire la cause de la progression. Pour une partie des utilisateurs, l’intégration croissante de l’IA constitue même un motif de réticence.
La hiérarchie entre ces facteurs compte. L’intelligence artificielle rend Windows 11 plus visible ; la fin du support de Windows 10 le rend difficile à éviter. Les deux ne jouent pas dans la même catégorie, et confondre visibilité et contrainte mène à des conclusions fausses sur les motivations réelles des utilisateurs. La distinction vaut d’ailleurs plus largement, comme le montre l’écart entre les outils que Microsoft emploie en interne et ceux qu’elle commercialise.
Le fait que la bascule n’ait pas été choisie explique aussi pourquoi les critiques n’ont pas disparu avec la progression. Les reproches restent les mêmes qu’en 2021 : exigences matérielles jugées arbitraires, changements d’interface imposés, place croissante du compte en ligne, sollicitations autour des services associés, questions sur les données collectées. Une part de marché mesure un usage, pas une adhésion. Sept PC sur dix sous Windows 11 ne signifient pas sept utilisateurs sur dix satisfaits, et confondre les deux mène à mal interpréter la suite : ces réticences continueront de peser sur l’accueil réservé aux prochaines évolutions du système.
Ce que devient Windows 10
Près d’un tiers du parc reste sur l’ancienne version, ce qui représente des centaines de millions de machines. Aucun ordinateur ne s’est arrêté le 15 octobre 2025 : le système continue de fonctionner, d’ouvrir des fichiers et de se connecter à internet.
Ce qui a cessé, ce sont les correctifs. Chaque vulnérabilité découverte depuis reste ouverte sur les postes non couverts, et la fenêtre s’élargit de mois en mois. C’est précisément le terrain des attaques par faux message système, comme la technique dite ClickFix qui vise les entreprises ou les faux écrans bleus employés contre l’hôtellerie.
La géographie de cette résistance mérite d’être notée. L’Europe a longtemps été en retard sur la bascule, avec une majorité restée sur l’ancienne version jusqu’en 2025. Ce n’est plus le cas : Windows 11 y est désormais majoritaire, en France comme dans les principaux marchés voisins.
Le programme de mises à jour étendues
Microsoft a mis en place un dispositif de prolongation pour ceux qui ne peuvent pas migrer immédiatement. Les conditions diffèrent nettement selon le profil, et c’est le point qui prête le plus à confusion.
- Particuliers : la couverture court jusqu’au 13 octobre 2026. C’est une prolongation d’un an, pas davantage. Dans l’Espace économique européen, l’inscription a été rendue gratuite et sans condition d’usage d’autres services, à la suite de contestations portées par des associations de consommateurs.
- Entreprises : le programme s’étend sur trois années, soit jusqu’en octobre 2028, avec un tarif par poste qui augmente chaque année. Cette progression tarifaire est délibérée : elle rend le maintien de plus en plus coûteux.
- Éligibilité : le poste doit être à jour et sous Windows 10 version 22H2. Une machine restée sur une version antérieure n’entre pas dans le dispositif.
Cette échéance d’octobre 2026 pour les particuliers explique pourquoi la progression de Windows 11 ne devrait pas s’arrêter là. Le prochain palier se jouera à l’automne.
Une remarque utile sur la nature de ce dispositif : il ne fournit que des correctifs de sécurité classés critiques ou importants. Aucune nouvelle fonction, aucun correctif de confort, aucune assistance technique. C’est un sursis, pas une prolongation de service.
Les particuliers de l’Espace économique européen bénéficient d’un régime plus favorable que le reste du monde, résultat direct de la pression exercée sur les pratiques de liaison entre services. Un cas rare où la réglementation européenne produit un effet immédiat et mesurable.
Le nouveau piège des versions
Passer à Windows 11 ne clôt pas le sujet, et beaucoup d’utilisateurs le découvriront cet automne. Le système suit lui-même un cycle de support, version par version.
Les éditions Famille et Professionnel de la version 24H2 cessent de recevoir des mises à jour le 13 octobre 2026. Les machines concernées devront basculer vers une version plus récente pour rester couvertes.
La bonne nouvelle est que cette bascule n’a rien à voir avec une migration classique. Les versions annuelles récentes partagent la même base technique et se déploient sous forme d’un simple paquet d’activation via Windows Update. Aucune réinstallation, aucune perte de données, quelques minutes.
Le geste à connaître tient en deux touches : Windows + R, puis la commande winver. Elle affiche la version installée. Si l’écran indique 24H2, une mise à niveau s’impose avant l’automne.
Cette gestion continue des versions explique aussi la fréquence des incidents. Un rythme de livraison mensuel produit mécaniquement des régressions, dont certaines finissent par faire du bruit, comme le premier bug marquant de l’année corrigé par Microsoft. Reporter les mises à jour par crainte des incidents revient toutefois à échanger un risque connu contre un risque plus grave.
Ce qu’il faut faire concrètement
Si vous êtes encore sous Windows 10
Vérifiez d’abord si votre machine est compatible : les paramètres de Windows Update l’indiquent directement. Si elle l’est, la migration est gratuite et conserve les fichiers et applications.
Si elle ne l’est pas, deux options. Inscrire le poste au programme de prolongation, en sachant que l’échéance de l’automne 2026 approche pour les particuliers. Ou envisager le remplacement, en calculant le coût réel d’un incident de sécurité plutôt que le seul prix de la machine.
Si vous êtes déjà sous Windows 11
Contrôlez votre version avec la commande winver. Une machine restée en 24H2 doit passer à une version plus récente avant le 13 octobre 2026, par simple mise à jour.
Profitez-en pour vérifier deux réglages souvent négligés : le chiffrement du disque, dont le fonctionnement réel est mal compris comme le montrent les questions récurrentes sur BitLocker, et la sauvegarde de la clé de récupération associée.
Un dernier conseil pour les structures qui gèrent plusieurs postes. L’argument à porter en interne n’est pas l’intérêt fonctionnel de la nouvelle version, qui laissera la plupart des gens indifférents. C’est le coût de maintien d’un environnement non couvert : correctifs manquants, incompatibilités logicielles croissantes, et exposition assurantielle en cas d’incident. Ce calcul-là parle à tout le monde.
Windows 11 en 2026 : les réponses essentielles.
Quelle est la part de Windows 11 aujourd’hui ?
Entre 68 et 70 % des versions de Windows mesurées sur ordinateur dans le monde, selon les relevés mensuels de Statcounter au second semestre 2026. Le pic a été atteint en février à 72,6 %, avant un léger reflux. Windows 10 se situe autour de 28 à 30 %.
Ces chiffres sont-ils fiables ?
Ils décrivent une tendance réelle mais demandent de la prudence. Statcounter mesure des pages vues, pas un parc installé, et a déjà corrigé des anomalies manifestes, comme une hausse aberrante de Windows 7 en octobre 2025. Le bond de vingt-deux points entre décembre et février n’a par ailleurs aucun déclencheur identifié.
Existe-t-il un chiffre officiel ?
Oui. Fin janvier 2026, Microsoft a annoncé que Windows 11 avait franchi le milliard d’utilisateurs, un cap atteint plus rapidement que par Windows 10. C’est la mesure la plus solide disponible, car elle compte des appareils activés plutôt que des consultations de pages.
Windows 10 reçoit-il encore des mises à jour ?
Le support standard a pris fin le 14 octobre 2025. Un programme de prolongation existe : jusqu’au 13 octobre 2026 pour les particuliers, et jusqu’en octobre 2028 pour les entreprises avec un tarif par poste qui augmente chaque année. La machine doit être en version 22H2 et à jour.
Ce programme est-il payant en Europe ?
Pour les particuliers de l’Espace économique européen, l’inscription a été rendue gratuite et sans condition d’usage d’autres services, à la suite de contestations portées par des associations de consommateurs. Les entreprises restent soumises à une facturation par poste.
Pourquoi l’adoption a-t-elle décollé si vite ?
La fin du support de Windows 10 constitue le déclencheur, complétée par le remplacement naturel des machines, l’arrivée à maturité des projets de migration en entreprise et un parc qui répond désormais aux exigences matérielles. L’intelligence artificielle y contribue à la marge, sans pouvoir être présentée comme la cause.
Passer à Windows 11 suffit-il ?
Non. Le système suit lui-même un cycle de support par version. Les éditions Famille et Professionnel de la version 24H2 cessent de recevoir des mises à jour le 13 octobre 2026. La bascule vers une version plus récente se fait par simple mise à jour, sans réinstallation.
Faut-il remplacer un PC incompatible ?
Pas nécessairement dans l’immédiat si le poste est inscrit au programme de prolongation. Le calcul à mener n’est pas le prix de la machine mais le coût d’un incident sur un environnement non couvert, auquel s’ajoutent les incompatibilités logicielles qui apparaissent progressivement.
- Statcounter Global Stats — Parts des versions de Windows sur ordinateur dans le monde
- Microsoft — Fin du support de Windows 10 et options disponibles
- Microsoft — Programme de mises à jour de sécurité étendues pour les particuliers
- Microsoft Learn — Dates de fin de service des versions de Windows 11
- Le Crabe Info — Analyse de la progression et limites de l’outil de mesure
- Clubic — Détail mensuel de la bascule et réserves méthodologiques
WY-Créations analyse les évolutions du web, des systèmes et des usages numériques. Les parts de marché citées proviennent d’un outil de mesure d’audience et non d’un recensement ; les dates de support sont celles publiées par l’éditeur et peuvent évoluer. Pour aller plus loin : toutes les actualités web.
Un poste à jour coûte toujours moins cher qu’un incident.
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