ChatGPT et la voix Sky :
pourquoi la voix emblématique a disparu et ce qui la remplace en 2026.

La voix Sky reste associée à l’un des moments les plus marquants de l’histoire de ChatGPT. Chaleureuse, fluide et très conversationnelle, elle avait contribué à donner au chatbot une présence inhabituelle. Mais son histoire est souvent racontée avec une chronologie incorrecte. La voix a été mise en pause par OpenAI le 19 mai 2024, puis n’est pas revenue dans l’offre actuelle. Depuis juillet 2026, OpenAI a ouvert un nouveau chapitre avec GPT-Live, conçu pour des conversations vocales plus naturelles, capables d’écouter et de parler simultanément.
Sky n’a pas été supprimée en 2026 : la chronologie exacte
Le titre qui a longtemps circulé autour d’une « suppression de Sky en 2026 » mélange deux périodes différentes. La disparition de cette voix remonte à mai 2024. Le 19 mai, OpenAI annonçait mettre en pause l’utilisation de Sky pendant qu’elle répondait aux interrogations sur la manière dont les voix de ChatGPT avaient été choisies. Le lendemain, l’entreprise précisait publiquement que Sky n’était pas la voix de Scarlett Johansson et qu’elle n’avait, selon elle, jamais été conçue pour lui ressembler.
Ce point est désormais historique et confirmé. Il ne s’agit donc pas d’une décision prise en 2026 à l’occasion d’un changement de modèle. Sky était déjà absente bien avant l’arrivée des nouveaux systèmes vocaux de 2026. Cette correction de chronologie est importante, car elle change complètement la lecture de l’événement : OpenAI n’a pas retiré en 2026 une voix encore disponible et adorée des utilisateurs ; l’entreprise a reconstruit son expérience vocale deux ans après une controverse qui avait durablement marqué le produit.
Sky faisait partie des cinq voix présentées par OpenAI lors du lancement des conversations vocales en septembre 2023. L’entreprise expliquait avoir travaillé pendant environ cinq mois avec des acteurs professionnels, des agences, des directeurs de casting et des conseillers du secteur pour sélectionner les voix. Pour Sky, OpenAI affirme que l’actrice avait été choisie avant que Sam Altman ne contacte Scarlett Johansson.
La distinction entre faits confirmés et interprétations est essentielle. Il est confirmé qu’OpenAI a suspendu Sky, que Scarlett Johansson a contesté la ressemblance avec sa propre voix et qu’OpenAI a nié avoir cherché à l’imiter. En revanche, affirmer comme un fait établi que Sky était une copie de Scarlett Johansson irait au-delà de ce qui a été démontré publiquement.
Scarlett Johansson, « Her » et la controverse qui a changé l’histoire de Sky
La controverse prend une dimension particulière parce qu’elle croise directement l’imaginaire du film Her. Dans ce long métrage de Spike Jonze sorti en 2013, Scarlett Johansson prête sa voix à Samantha, un système d’exploitation doté d’une intelligence artificielle avec lequel le personnage principal développe une relation affective. Lorsque GPT-4o est présenté en mai 2024 avec des interactions vocales particulièrement naturelles, la comparaison devient immédiate.
Selon la déclaration rendue publique par Scarlett Johansson et rapportée par Reuters, Sam Altman lui avait proposé en septembre 2023 de devenir une voix de ChatGPT. L’actrice avait refusé. Neuf mois plus tard, elle disait avoir été surprise et irritée en entendant Sky, que son entourage et elle-même jugeaient très proche de sa voix. Elle avait alors demandé à ses avocats d’obtenir des explications sur le processus de création.
OpenAI a donné une version différente sur le point central. Sam Altman a déclaré que la voix de Sky n’était pas celle de Scarlett Johansson, qu’elle provenait d’une autre actrice professionnelle et que son casting avait été réalisé avant tout contact avec Johansson. L’identité de cette comédienne n’a pas été rendue publique afin de protéger sa vie privée.
Un détail a néanmoins alimenté la polémique : lors du lancement de GPT-4o, Sam Altman avait publié le seul mot « her » sur X. Reuters relevait également cette référence dans sa couverture de l’affaire. Ce message ne constitue pas une preuve que Sky avait été créée pour imiter Johansson, mais il a rendu la défense d’OpenAI plus difficile à dissocier de l’univers du film.
Le dossier dépasse donc largement une préférence de voix. Il pose une question qui est devenue centrale avec les IA génératives : jusqu’où une entreprise peut-elle s’approcher de la voix, du visage ou du style reconnaissable d’une personne sans créer l’impression qu’elle participe au produit ? Cette question concerne aujourd’hui les acteurs, les créateurs, les marques et potentiellement n’importe quel individu dont l’identité numérique peut être reproduite.
Elle rejoint plus largement les débats sur la responsabilité d’OpenAI, qu’il s’agisse de conformité d’OpenAI au RGPD, de protection des données ou de contrôle de l’identité. En Europe, les règles sur l’IA et la protection des personnes poussent progressivement les plateformes à mieux documenter la provenance et la nature des contenus synthétiques.
La controverse Sky ne permet pas d’affirmer qu’OpenAI a cloné la voix de Scarlett Johansson. Elle montre en revanche qu’une ressemblance perçue peut suffire à déclencher une crise majeure de confiance.
Faits établis et interprétation doivent rester séparésEn 2026, le vrai changement s’appelle GPT-Live
Le 8 juillet 2026, OpenAI a lancé GPT-Live, une nouvelle génération de modèles vocaux destinée à rendre les échanges avec ChatGPT plus proches d’une conversation réelle. Pour les utilisateurs payants, l’expérience Live repose sur GPT-Live-1 ; les utilisateurs gratuits disposent de GPT-Live-1 mini. Ce changement est bien plus important qu’un simple remplacement de voix.
L’architecture est dite « full-duplex » : le système peut écouter et parler en même temps. Dans une conversation classique avec un assistant vocal, chacun attend son tour. GPT-Live peut gérer les interruptions, les hésitations, les pauses et de petits signes d’écoute. OpenAI explique que l’utilisateur peut couper la réponse pour poser une nouvelle question, ralentir le rythme ou reprendre immédiatement la conversation sans attendre une séquence rigide.
Voice fonctionne désormais à l’intérieur d’un chat. La réponse parlée peut apparaître simultanément sous forme de texte, et l’utilisateur peut alterner entre la parole et l’écriture. Live peut aussi exploiter la recherche web et la mémoire, afficher certains résultats visuels et travailler avec du texte ou des images lorsque ces fonctions sont disponibles sur le compte.
OpenAI indique que plus de 150 millions de personnes utilisent chaque semaine ses fonctions Voice et Dictation. Ce chiffre officiel donne une idée de l’enjeu : la voix n’est plus une démonstration spectaculaire ajoutée au chatbot. Elle devient une interface importante pour utiliser l’IA au quotidien, notamment en mobilité, pour apprendre une langue, chercher une information ou travailler sans clavier.
La société a également ajouté, le 31 juillet 2026, un marquage SynthID aux fichiers audio pris en charge générés avec GPT-Live via ChatGPT Voice et l’API. L’objectif annoncé est de faciliter la détection de signaux de provenance d’OpenAI. Cette évolution répond précisément à l’un des problèmes révélés par l’affaire Sky : plus les voix artificielles deviennent crédibles, plus la question de leur origine et de leur identification devient importante.
Cette transformation de ChatGPT en environnement plus large ne se limite d’ailleurs pas à la voix. WY-Créations suit aussi l’évolution de ChatGPT vers une plateforme d’applications, l’arrivée de fonctions de recherche plus accessibles et le développement du commerce directement dans les conversations. La voix devient l’une des portes d’entrée de cet écosystème.
Pourquoi Sky donnait-elle l’impression d’une IA plus humaine ?
Une voix artificielle ne devient pas « humaine » uniquement parce que son timbre est agréable. L’impression de présence vient d’un ensemble : rythme, intonation, respiration, pauses, hésitations, vitesse de réponse et capacité à réagir à l’interlocuteur. Sky avait acquis une identité sonore suffisamment forte pour que certains utilisateurs associent directement cette voix à ChatGPT.
Cette dimension explique pourquoi la disparition d’une voix peut être vécue différemment du retrait d’une fonction classique. Changer un bouton modifie une interface. Changer une voix modifie la personnalité perçue du service, même si le modèle et ses capacités restent identiques. Un utilisateur qui échange régulièrement à l’oral finit par reconnaître des habitudes de rythme et une tonalité comme il reconnaît une interface visuelle.
Il faut cependant distinguer cette perception de ce que fait réellement le système. Une voix chaleureuse ne signifie pas que l’IA éprouve de l’empathie, pas plus qu’une hésitation naturelle ne signifie qu’elle réfléchit comme une personne. Les nouveaux modèles vocaux sont précisément conçus pour reproduire les codes d’une conversation fluide. Leur efficacité peut renforcer l’impression d’une présence sociale sans transformer la nature du système.
GPT-Live pousse cette sensation plus loin grâce au temps réel. Pouvoir interrompre l’assistant, entendre de brèves marques d’attention ou reprendre après une pause réduit les frictions qui rappelaient constamment que l’on parlait à un logiciel. Le progrès technique ne consiste donc pas seulement à produire une meilleure voix ; il consiste à reproduire plus fidèlement la mécanique d’un échange humain.
C’est aussi là que se trouve une tension durable pour OpenAI. Les utilisateurs veulent une IA naturelle, expressive et agréable, mais une voix trop proche d’une personne identifiable peut créer un problème juridique et éthique. Une IA trop neutre paraît froide ; une IA extrêmement incarnée peut brouiller les frontières. Sky est devenue le symbole de cet équilibre difficile.
Cette personnalisation croissante se retrouve ailleurs dans ChatGPT. Les mécanismes liés à l’âge, par exemple, font évoluer l’expérience selon le profil supposé de l’utilisateur. Les analyses sur la détection d’âge et les restrictions appliquées aux comptes considérés comme mineurs ainsi que sur la vérification d’âge en Europe montrent que l’interface conversationnelle devient progressivement plus contextuelle et plus encadrée.
Une voix ne change pas seulement ce que l’IA dit. Elle change la manière dont l’utilisateur interprète la relation avec le système.
La voix est devenue une composante de l’expérience de marqueQuelles voix peut-on utiliser dans ChatGPT en septembre 2026 ?
La documentation actuelle d’OpenAI ne présente plus Sky parmi les voix proposées. Le centre d’aide liste notamment Juniper, Maple, Sol, Spruce et Vale, avec des descriptions de tempérament : ouverte, enjouée, détendue, calme ou curieuse selon la voix. La disponibilité exacte peut varier selon le forfait, la région, la version de l’application et certains paramètres du compte.
OpenAI avait indiqué lors du lancement de GPT-Live avoir remasterisé neuf voix distinctes pour cette nouvelle génération. La documentation utilisateur actuelle peut cependant afficher un ensemble différent selon le contexte d’accès. Il est donc préférable de ne pas transformer le nombre de voix en promesse universelle : la liste visible dans les réglages de l’utilisateur reste la référence pratique.
Le choix de la voix se fait dans les paramètres Voice. Avec la nouvelle expérience, trois modes peuvent apparaître : Live, Advanced et Standard. Live correspond à la génération GPT-Live. Advanced conserve l’ancienne expérience temps réel, notamment pour certaines fonctions mobiles telles que la vidéo ou le partage d’écran lorsqu’elles sont prises en charge. Standard fonctionne davantage selon une logique tour par tour.
Changer de voix pendant une conversation vocale démarre un nouvel appel vocal dans le même chat. L’utilisateur peut également demander au système de modifier son ton ou son rythme au cours de l’échange. En revanche, OpenAI précise que les personnalités prédéfinies de ChatGPT ne s’appliquent pas actuellement à Live de la même manière que dans le texte.
Pour quelqu’un qui cherche exactement « la voix Sky », aucune voix actuelle n’est officiellement présentée par OpenAI comme son remplacement direct. Il serait donc trompeur de désigner Juniper, Maple ou une autre comme « la nouvelle Sky ». Ce sont des voix différentes, avec leur propre positionnement sonore.
La concurrence travaille elle aussi sur la voix et l’incarnation des assistants. Cette course accompagne la progression rapide de Gemini face à ChatGPT, la montée d’Anthropic soutenue par Google et Amazon, et l’intérêt pour des alternatives européennes à ChatGPT. Pour les utilisateurs qui souhaitent changer complètement d’écosystème, il existe également plusieurs alternatives gratuites à ChatGPT, même si leurs fonctions vocales et leur disponibilité ne sont pas identiques.
La disparition de Sky annonçait déjà le grand défi des voix IA
Deux ans après la controverse, le paradoxe est encore plus visible. OpenAI veut rendre les conversations avec ChatGPT plus naturelles que jamais, tandis que l’entreprise doit simultanément rendre l’origine des contenus synthétiques plus identifiable. GPT-Live améliore la spontanéité ; SynthID cherche à améliorer la traçabilité. Les deux mouvements avancent ensemble.
Ce double objectif devrait devenir central dans toute l’industrie. Une voix artificielle utile doit être suffisamment expressive pour ne pas fatiguer l’utilisateur, mais elle ne devrait pas laisser croire qu’une personnalité réelle a participé au produit sans son accord. À mesure que la synthèse vocale progresse, la frontière ne peut plus reposer uniquement sur la capacité de l’oreille humaine à reconnaître un faux.
Pour les marques, cette évolution ouvre également un nouveau territoire. Une entreprise peut demain être identifiée non seulement par son logo, ses couleurs ou son style rédactionnel, mais aussi par une voix conversationnelle. Le choix du ton, de la diction et de la personnalité sonore devient alors une question de propriété intellectuelle, de consentement, de transparence et de cohérence de marque.
Le sujet rejoint les interrogations plus générales sur la manière dont OpenAI transforme ChatGPT. L’entreprise expérimente de nouveaux modèles économiques, notamment la publicité dans ChatGPT aux États-Unis, pendant que ses concurrents cherchent eux aussi à occuper l’interface conversationnelle. Même la communication entre acteurs devient agressive, comme l’a montré la campagne publicitaire de Claude visant ChatGPT.
La confiance restera donc un avantage décisif. Les progrès techniques peuvent rendre une voix presque instantanée, expressive et contextuelle ; ils ne résolvent pas automatiquement les questions de consentement ou de perception. La controverse Sky reste un cas d’école parce qu’elle montre qu’une innovation techniquement impressionnante peut être éclipsée par une interrogation beaucoup plus simple : à qui cette voix nous fait-elle penser, et pourquoi ?
Les systèmes eux-mêmes restent par ailleurs soumis aux risques classiques des logiciels connectés. Les épisodes de sécurité autour des modèles et services d’IA, comme les vulnérabilités analysées dans les incidents et failles touchant l’écosystème OpenAI, rappellent que la sophistication de l’interface ne dispense jamais d’examiner la sécurité, la confidentialité et les conditions d’utilisation.
En 2026, Sky appartient donc davantage à l’histoire de ChatGPT qu’à son actualité produit. Ce qui lui survit est plus intéressant encore : l’idée qu’une voix peut devenir une composante essentielle de l’attachement à une IA. GPT-Live reprend cette ambition avec une technologie beaucoup plus avancée, mais dans un environnement où les attentes de transparence sont désormais nettement plus fortes.
Sky n’était pas seulement une option audio. Sa disparition a montré qu’une voix peut devenir suffisamment identifiable pour porter à elle seule une partie de la personnalité perçue d’un assistant.
De l’interface sonore à l’identité de l’IAChatGPT, Sky et GPT-Live : ce qu’il faut retenir.
OpenAI a-t-il supprimé la voix Sky en 2026 ?
Non. OpenAI avait annoncé la mise en pause de Sky dès le 19 mai 2024. En 2026, la nouveauté majeure est le lancement de GPT-Live, une nouvelle génération de ChatGPT Voice.
Pourquoi la voix Sky a-t-elle disparu ?
Sa mise en pause est intervenue pendant la controverse sur sa ressemblance perçue avec la voix de Scarlett Johansson. OpenAI a déclaré que Sky provenait d’une autre actrice professionnelle et n’avait jamais été conçue pour imiter Johansson.
Sky était-elle réellement la voix de Scarlett Johansson ?
OpenAI affirme que non. Scarlett Johansson a déclaré que la ressemblance lui paraissait frappante et a demandé des explications juridiques. Aucune source publique ne permet de présenter comme un fait établi que la voix utilisée était celle de l’actrice.
Qu’est-ce que GPT-Live dans ChatGPT ?
GPT-Live est la nouvelle expérience vocale lancée en juillet 2026. Elle peut écouter et parler simultanément, gérer les interruptions plus naturellement et combiner la conversation vocale avec plusieurs fonctions de ChatGPT.
Quelle voix remplace officiellement Sky ?
Aucune. OpenAI ne désigne pas de successeur officiel à Sky. Les voix proposées aujourd’hui sont distinctes et leur disponibilité peut dépendre du forfait, de la région et de la version de l’application.
Pourquoi GPT-Live paraît-il plus naturel ?
Le système repose sur une architecture permettant d’écouter et de parler en même temps. Il gère mieux les interruptions, les pauses et les échanges rapides, ce qui réduit la rigidité des anciens assistants vocaux fonctionnant strictement chacun leur tour.
- OpenAI — How the voices for ChatGPT were chosen, mai 2024.
- Reuters — Scarlett Johansson et la controverse autour de la voix Sky, 21 mai 2024.
- OpenAI — Présentation de GPT-Live, 8 juillet 2026, mise à jour du 31 juillet 2026.
- OpenAI Help Center — ChatGPT Voix, documentation actuelle.
- OpenAI Help Center — ChatGPT Release Notes, mises à jour Voice 2026.
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