Publicité sur Prime Video
la hausse était annoncée aux investisseurs.
Le mécanisme mérite d’être compris au-delà du service concerné : une condition acceptable au lancement, relevée par paliers une fois l’usage installé, avec un supplément à payer pour revenir à la situation de départ.
Un modèle inversé
C’est la particularité de ce cas, et elle explique l’agacement qu’il a suscité.
Chez la plupart des concurrents, la publicité accompagne une formule moins chère : elle est le prix d’une économie, et le choix appartient à l’abonné.
Ici, elle a été ajoutée à un abonnement existant, sans baisse de tarif. Pour retrouver ce que l’on avait déjà, il faut payer un supplément. L’abonné paie donc une première fois pour accéder au service, puis une seconde pour en retirer ce qui vient d’y être ajouté.
La chronologie
L’introduction
La publicité est ajoutée à l’abonnement existant, avec une option payante pour s’en dispenser. La charge annoncée reste modérée.
L’intention annoncée
L’entreprise indique à ses investisseurs son intention d’augmenter progressivement le volume publicitaire.
Le doublement constaté
Des documents obtenus par la presse spécialisée, confirmés par plusieurs acheteurs d’espace, établissent une charge de quatre à six minutes par heure.
La normalisation
Ce niveau devient la référence du secteur, les formules avec publicité des concurrents s’y situant dans les mêmes ordres de grandeur.
La hausse par paliers
Le point le plus intéressant du dossier n’est pas le doublement lui-même, c’est qu’il ait été annoncé avant d’avoir lieu.
Dès octobre 2024, l’entreprise indiquait à ses investisseurs son intention d’augmenter progressivement le volume publicitaire. Le calendrier était donc public, adressé à ceux qui financent, et non à ceux qui paient l’abonnement.
La logique est simple. Un niveau élevé d’emblée aurait provoqué des résiliations. Un niveau modéré, puis relevé une fois l’habitude prise, ne les provoque pas. Chaque palier se compare au précédent, jamais au point de départ.
Où se situent les concurrents
La comparaison a son intérêt, à condition de comparer ce qui est comparable.
Le volume horaire est du même ordre partout, autour de quatre à six minutes. La différence tient à ce que l’abonné a accepté au départ.
| Service | Position de la publicité |
|---|---|
| Prime Video | Ajoutée à l’abonnement existant, supplément payant pour s’en dispenser |
| Netflix | Formule dédiée moins chère, autour de huit euros par mois |
| Disney+ | Formule dédiée moins chère, autour de sept euros par mois |
Vos propres abonnements
Le mécanisme ne concerne pas que le divertissement, et c’est ce qui rend l’épisode utile.
La plupart des outils professionnels facturés à l’abonnement fonctionnent de la même façon : une offre attractive à l’entrée, des conditions révisées ensuite, un palier supplémentaire introduit, une fonction basculée dans une formule supérieure.
- L’outil de facturation dont le tarif augmente à chaque renouvellement.
- L’hébergement dont la première année est offerte, puis facturée au tarif plein.
- L’extension du site dont la licence annuelle double après deux ans.
- La solution de messagerie dont le stockage inclus se réduit.
- L’outil de rendez-vous en ligne dont une fonction utilisée quotidiennement passe dans l’offre supérieure.
Aucune de ces évolutions n’est répréhensible. Elles sont simplement invisibles tant qu’on ne les regarde pas ensemble.
Le relevé annuel
Une heure par an suffit, et l’exercice se fait en même temps que le bilan.
- Lister tous les abonnements liés à votre activité en ligne, y compris ceux prélevés sur une carte personnelle.
- Noter le montant annuel réel de chacun, pas le tarif mensuel affiché.
- Comparer avec l’année précédente : la hausse par paliers ne se voit que sur douze mois.
- Identifier ceux dont vous n’utilisez plus la fonction qui avait motivé l’achat.
- Vérifier la date de reconduction, souvent tacite, et le préavis de résiliation.
La première ligne réserve les plus grandes surprises. Un abonnement souscrit pour un besoin ponctuel continue de se prélever pendant des années. C’est le même recensement que celui décrit dans notre article sur les accès non révoqués, appliqué cette fois à la dépense.
Ce qu’on nous demande le plus souvent.
De combien la publicité a-t-elle augmenté ?
La charge est passée d’environ deux à trois minutes par heure au lancement à quatre à six minutes, selon des documents obtenus par la presse spécialisée et confirmés par des acheteurs d’espace. Le doublement s’est fait en moins de dix-huit mois.
Cette augmentation était-elle prévue ?
Oui, et annoncée. Dès octobre 2024, l’entreprise indiquait à ses investisseurs son intention d’augmenter progressivement le volume publicitaire. La progressivité n’est pas un effet de bord, c’est la méthode.
En quoi ce modèle diffère-t-il des autres ?
Chez la plupart des concurrents, la publicité accompagne une formule moins chère et reste un choix. Ici elle a été ajoutée à l’abonnement existant, et il faut payer un supplément pour retrouver ce que l’on avait déjà.
Combien de publicité chez les concurrents ?
Les formules avec publicité de Netflix et de Disney+ se situent dans des ordres de grandeur comparables, autour de quatre à six minutes par heure, mais elles sont proposées à un tarif inférieur à celui de la formule sans publicité.
Qu’est-ce que cela change pour une entreprise ?
Rien directement sur ce service précis. En revanche, la méthode se retrouve dans la plupart des outils professionnels facturés à l’abonnement : une condition acceptable au départ, puis relevée par paliers une fois l’usage installé.
Que faire concrètement ?
Relever une fois par an ce que vous payez réellement pour chaque outil, et le comparer à l’année précédente. La hausse par paliers ne se voit pas d’un mois sur l’autre, elle se voit sur douze mois.
- Documents obtenus par la presse professionnelle américaine sur la charge publicitaire horaire, confirmés par plusieurs acheteurs d’espace, juin 2025.
- Communication de l’entreprise à ses investisseurs sur l’augmentation progressive du volume publicitaire, octobre 2024.
- Relevés comparatifs des tarifs et des formules avec publicité des principaux services en France, 2026.
- Les durées de publicité en télévision hertzienne, souvent citées en comparaison, ne sont pas reprises faute de source vérifiable à jour.
WY-Créations conçoit des sites internet et construit des stratégies de visibilité pour les artisans, les TPE, les PME et les professions libérales depuis 2018. Les durées et les tarifs cités sont datés et rattachés à leur source. Pour aller plus loin : l’hébergement web, les sites réalisés sur mesure ou le référencement naturel.
Savez-vous ce que vous payez sur l’année ?
La hausse par paliers ne se voit pas d’un mois sur l’autre. Elle se voit sur douze mois, en comparant deux relevés.