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WHATSAPP · CHATGPT · COPILOT · EUROPE

ChatGPT est de retour sur WhatsApp en Europe : Bruxelles a forcé Meta à rouvrir l’accès.
Copilot, lui, n’est toujours pas revenu.

Six mois d’absence, puis un retour le 13 juillet 2026 dans l’Espace économique européen et en Suisse. Ce rétablissement ne doit rien à un changement de stratégie : il découle d’une injonction de la Commission européenne, la deuxième de ce type en plus de vingt ans. Mise à jour : 8 septembre 2026 · IA et messagerie · 12 min de lecture
Retour de ChatGPT sur WhatsApp en Europe après la décision de la Commission européenne

L’affaire dépasse largement la disponibilité d’un assistant dans une messagerie. Elle établit qu’une plateforme dominante ne peut pas fermer sa porte aux services concurrents tout en la laissant ouverte au sien, et elle le fait par un instrument juridique que Bruxelles n’avait quasiment jamais utilisé.

Ce qui a changé le 13 juillet

OpenAI a confirmé le rétablissement de ChatGPT sur WhatsApp le 13 juillet 2026. La couverture porte sur les trente pays de l’Espace économique européen, soit les vingt-sept États membres de l’Union plus l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège, ainsi que sur la Suisse.

L’accès se fait en écrivant au contact vérifié 1-800-CHATGPT, associé au numéro +1-800-242-8478. Aucun compte n’est nécessaire pour commencer. Associer un compte existant permet de conserver l’historique des échanges et le contexte d’une session à l’autre.

Le déploiement s’est fait progressivement, selon l’indicatif du numéro WhatsApp utilisé. Certains comptes ont eu accès au service immédiatement, d’autres quelques jours plus tard. L’interruption avait privé plus de cinquante millions d’utilisateurs de ce canal.

Une remarque sur ce que ce retour signifie pour l’usage quotidien. Passer par la messagerie ne remplace pas l’application dédiée : les fonctions avancées, la gestion des conversations et les outils de recherche y restent plus limités. L’intérêt est ailleurs, et il est réel pour une partie du public : accéder à un assistant sans installer d’application supplémentaire, sans créer de compte, depuis un environnement déjà ouvert en permanence sur le téléphone. C’est précisément cette absence de friction qui donne sa valeur au canal, et qui explique pourquoi les éditeurs se battent pour y figurer.

L’origine du blocage

Le point de départ n’est pas janvier 2026, comme on le lit souvent, mais l’automne précédent. Le 15 octobre 2025, Meta a modifié les conditions d’utilisation de son interface professionnelle pour WhatsApp.

La nouvelle rédaction interdit à tout fournisseur dont le service principal est un assistant conversationnel généraliste d’utiliser cette interface. Les robots d’entreprise à usage restreint, pour le suivi de commande ou la prise de rendez-vous, restaient autorisés.

La restriction s’appliquait immédiatement aux nouveaux entrants et prenait effet le 15 janvier 2026 pour les services existants. À cette date, trois assistants ont disparu de la messagerie : ChatGPT, Copilot et Perplexity. Un quatrième est resté : Meta AI, développé par l’éditeur de la plateforme.

Meta a justifié cette décision par la vocation de son interface professionnelle, conçue selon elle pour permettre à des entreprises de dialoguer avec leurs clients, non pour servir de canal de distribution à des assistants concurrents.

L’argument de la charge serveur a également été avancé. Il n’a pas convaincu, pour une raison simple : Meta AI génère des volumes de messages comparables sans que cette contrainte lui soit opposée.

Un point technique aide à comprendre ce qui était réellement en jeu. L’interface professionnelle de WhatsApp n’est pas une application mais un ensemble de points d’accès techniques : un service extérieur envoie ses messages vers les serveurs de la plateforme et reçoit les réponses des utilisateurs en retour. Sans cet accès, aucun assistant extérieur ne peut apparaître dans la messagerie, quelle que soit sa qualité. Meta AI, lui, n’en avait pas besoin : intégré nativement, il n’emprunte pas la même voie et n’était donc pas concerné par la restriction. C’est cette asymétrie, plus que l’interdiction elle-même, qui a retenu l’attention des autorités.

La décision qui a tout débloqué

La procédure a été plus longue et plus disputée que le résumé habituel ne le laisse entendre. Elle mérite d’être reprise dans l’ordre.

L’autorité italienne de concurrence avait ouvert une enquête pour abus de position dominante dès juillet 2025, avant même l’entrée en vigueur de l’interdiction. Le 24 décembre 2025, elle ordonnait à Meta de suspendre la mesure sur le territoire italien.

La Commission européenne a ouvert sa propre enquête formelle le 4 décembre 2025. Elle a adressé une communication des griefs en février 2026, c’est-à-dire une conclusion préliminaire selon laquelle les règles de concurrence avaient été enfreintes.

Meta a réagi en mars 2026 en proposant de réadmettre les assistants concurrents, mais contre paiement : entre 0,049 et 0,13 euro par message selon le pays. La Commission a fait le calcul. Un assistant généraliste échangeant des dizaines de milliers de messages quotidiens aurait supporté un coût prohibitif. Elle a qualifié cette tarification d’interdiction de fait.

Le 9 juin 2026, la Commission a émis une injonction de mesures provisoires. Meta disposait de cinq jours ouvrables pour rétablir l’accès gratuit à son interface professionnelle, aux conditions en vigueur avant le 15 octobre 2025. En cas de refus, l’amende pouvait atteindre 10 % du chiffre d’affaires annuel mondial, assortie d’astreintes journalières. L’injonction reste applicable jusqu’à la clôture de l’enquête au fond.

Une mesure exceptionnelle

C’est l’élément que la couverture médiatique a le plus souvent laissé de côté, et c’est pourtant le plus significatif du dossier.

Les mesures provisoires en droit de la concurrence européen sont un instrument quasiment inutilisé. La décision de juin 2026 est seulement la deuxième de ce type depuis l’entrée en vigueur du règlement qui les encadre, et la première depuis plus de dix-sept ans.

Leur logique est particulière : elles n’établissent pas qu’une infraction a été commise, mais elles imposent de rétablir une situation le temps que l’enquête aboutisse. Le raisonnement est celui du dommage irréversible. Dans un marché où les positions se figent en quelques mois, une décision rendue trois ans plus tard arriverait après la bataille.

La position de la messagerie explique cette urgence. Les constatations relèvent une part supérieure à 90 % sur le marché des communications personnelles dans plusieurs États membres. Être exclu de ce canal ne prive pas d’une vitrine parmi d’autres : cela prive de l’accès à la quasi-totalité des utilisateurs d’un pays.

La Commission a par ailleurs absorbé la procédure italienne en avril 2026, afin que sa décision s’applique à l’ensemble de l’Espace économique européen plutôt qu’à un seul pays. Ce mouvement de fond n’est pas isolé : l’autorité brésilienne de la concurrence a rejeté un recours de Meta sur un dossier comparable, jugeant l’interdiction des assistants tiers disproportionnée.

Le cas Copilot

Une distinction s’impose ici, car elle est régulièrement gommée. La décision européenne oblige Meta à rouvrir sa plateforme. Elle n’oblige aucun fournisseur à y revenir.

Microsoft avait annoncé le départ de Copilot en novembre 2025, dans un billet expliquant les suites envisagées pour ses utilisateurs. À ce jour, aucune communication n’annonce son retour. La porte réglementaire est ouverte ; l’entreprise ne l’a pas franchie.

Ce choix n’a rien d’absurde. Reconstruire une intégration représente un coût, la stabilité juridique du dispositif dépend de l’issue d’une enquête encore en cours, et Microsoft dispose d’autres canaux de distribution pour son assistant, à commencer par son propre système d’exploitation. Perplexity n’a pas non plus annoncé de retour.

Ce qu’on peut en faire

La version rétablie est plus complète que celle qui existait avant l’interruption.

  • Texte. Poser une question, demander une reformulation, obtenir un résumé, directement dans la conversation.
  • Images en entrée. Envoyer une photographie pour obtenir une description, une traduction ou une explication.
  • Notes vocales. Dicter une demande plutôt que la taper, ce qui change surtout l’usage en déplacement.
  • Génération d’images. Demander la création d’un visuel sans quitter la messagerie.
  • Multilingue. L’assistant répond dans la langue de la demande.
  • Compte associé. L’association à un compte existant permet de conserver l’historique et d’élever les limites d’usage.

Sur la version du modèle employée, la prudence s’impose. L’assistant indique fonctionner sur une version que l’éditeur n’a pas documentée publiquement. Tant que cette information n’est pas confirmée, elle relève de la déclaration du système lui-même, pas d’une communication officielle.

Ce retour s’inscrit dans une messagerie en pleine transformation. Les échanges collectifs ont été revus, comme le détaillent les évolutions apportées aux discussions de groupe, et l’identification par pseudonyme se prépare, un chantier décrit dans l’abandon annoncé du numéro de téléphone comme identifiant.

Elle devient aussi un espace commercial, avec l’arrivée de la publicité en Europe et l’abonnement permettant de s’en affranchir. L’ouverture aux assistants concurrents intervient donc au moment où l’éditeur cherche à monétiser davantage l’audience.

Ce que cela change côté données

Un point de vigilance mérite d’être posé sans dramatisation. Une conversation avec un assistant n’est pas une conversation privée entre deux personnes, même si l’interface est rigoureusement identique.

Les échanges personnels restent protégés par le chiffrement de bout en bout. Écrire à un assistant revient en revanche à transmettre volontairement un contenu à un service tiers, qui le traite selon ses propres règles. La messagerie sert de canal, pas de coffre.

Les réflexes à conserver sont donc les mêmes que dans l’application de l’assistant : pas de mot de passe, pas de coordonnées bancaires, pas de document confidentiel, pas de donnée de santé sans nécessité. Ces questions rejoignent celles soulevées dans notre analyse des obligations de conformité pesant sur OpenAI et dans notre dossier sur le basculement culturel que représente l’IA pour les organisations.

Ce que la suite peut réserver

Trois incertitudes demeurent, et il vaut mieux les nommer que faire comme si le dossier était clos.

La durée. L’injonction est provisoire. Elle court jusqu’à la clôture de l’enquête au fond, dont l’issue reste ouverte. Si Meta obtenait gain de cause, la situation pourrait à nouveau changer.

Le périmètre. Le rétablissement ne vaut que pour l’Europe et la Suisse. Ailleurs, l’assistant reste absent de la messagerie, ce qui crée une fragmentation inhabituelle pour un service de cette nature.

Le modèle économique. La question de la tarification n’est pas tranchée sur le fond. La Commission a jugé le barème proposé dissuasif, sans interdire par principe qu’un accès puisse être facturé. Un tarif jugé raisonnable reste envisageable à terme.

Cette bataille d’accès explique aussi les stratégies observées ailleurs. Les acteurs multiplient les canaux, entre messageries régionales et applications partenaires, précisément pour ne pas dépendre d’une seule porte d’entrée. Elle éclaire également les alliances croisées décrites dans les investissements massifs des grands groupes dans les laboratoires d’intelligence artificielle, et la manière dont Meta poursuit en parallèle le déploiement de son propre assistant, comme le montre son intégration aux places de marché du groupe.

QUESTIONS FRÉQUENTES

ChatGPT, Copilot et WhatsApp : les réponses essentielles.

ChatGPT est-il de nouveau disponible sur WhatsApp ?

Oui, depuis le 13 juillet 2026, dans les trente pays de l’Espace économique européen ainsi qu’en Suisse. L’accès se fait en écrivant au contact vérifié 1-800-CHATGPT. Le service reste absent de la messagerie dans le reste du monde.

Copilot est-il revenu lui aussi ?

Non. Microsoft avait annoncé le départ de son assistant en novembre 2025 et n’a communiqué aucun retour depuis. La décision européenne oblige Meta à rouvrir sa plateforme, mais n’oblige aucun fournisseur à y revenir. Perplexity n’a pas non plus annoncé de retour.

Pourquoi ces assistants avaient-ils disparu ?

Meta a modifié le 15 octobre 2025 les conditions de son interface professionnelle pour interdire les assistants conversationnels généralistes. La mesure a pris effet le 15 janvier 2026, écartant ChatGPT, Copilot et Perplexity. Meta AI, développé par l’éditeur de la plateforme, est resté accessible.

Qu’a exactement décidé la Commission européenne ?

Le 9 juin 2026, elle a émis une injonction de mesures provisoires imposant à Meta de rétablir sous cinq jours ouvrables l’accès gratuit à son interface, aux conditions antérieures au 15 octobre 2025. Le non-respect exposait à une amende pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires annuel mondial.

Pourquoi cette décision est-elle exceptionnelle ?

Parce que les mesures provisoires en droit européen de la concurrence sont quasiment inutilisées. Celle-ci est seulement la deuxième depuis l’entrée en vigueur du règlement qui les encadre, et la première depuis plus de dix-sept ans. Elle rétablit une situation sans préjuger de l’infraction.

Meta avait-il proposé une solution intermédiaire ?

Oui. En mars 2026, l’entreprise a proposé de réadmettre les assistants concurrents contre un paiement de 0,049 à 0,13 euro par message selon le pays. La Commission a estimé qu’un tel barème, rapporté aux volumes échangés, équivalait à une interdiction de fait.

Faut-il un compte pour utiliser l’assistant ?

Non, l’usage peut démarrer sans compte. Associer un compte existant permet de conserver l’historique des échanges, le contexte d’une session à l’autre et de bénéficier de limites d’usage plus élevées.

La conversation avec l’assistant est-elle privée ?

Elle n’est pas assimilable à un échange personnel chiffré de bout en bout. Écrire à un assistant revient à transmettre volontairement un contenu à un service tiers, qui le traite selon ses propres règles. Les précautions habituelles s’appliquent : pas d’identifiants, pas de données bancaires, pas de documents confidentiels.

Florence Salmon
Fondatrice de WY-Créations® — référenceuse senior et développeuse

WY-Créations analyse les évolutions du web, de l’intelligence artificielle et de leur encadrement réglementaire. Les décisions citées sont provisoires et l’enquête au fond reste en cours ; la situation peut évoluer. Pour aller plus loin : toutes les actualités web.

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