Arnaques sur WhatsApp et Messenger
ce qui vise vraiment les entreprises.
Les protections déployées sur les messageries sont réelles, et les chiffres qui circulent sont presque toujours américains. Le rapport français publié en mars 2026 permet de poser le sujet autrement : ce qui vise une entreprise n’est pas ce qui vise le grand public, et deux procédures simples bloquent la grande majorité des tentatives.
Les chiffres français, plutôt qu’américains
Les montants perdus aux États-Unis et la proportion d’Américains victimes de fraude circulent partout. Ces données sont exactes, mais elles ne disent rien de la situation d’un artisan en Haute-Vienne.
Le rapport d’activité de Cybermalveillance.gouv.fr, publié le 26 mars 2026, donne une image directement utilisable : 504 000 demandes d’assistance en 2025, en hausse de 20 %, réparties entre 93 % de particuliers, 6 % d’entreprises et associations, et 1 % de collectivités.
Ce qui vise réellement une entreprise
Les arnaques grand public jouent sur le volume : des millions de messages envoyés au hasard. Celles qui visent une entreprise jouent sur la crédibilité, et elles passent presque toujours par un canal professionnel légitime.
La quatrième ligne est la plus difficile à détecter : la compromission d’une messagerie professionnelle est le point d’entrée privilégié des deux premières fraudes. Le message est authentique, l’expéditeur est le bon, le fil de conversation est réel. Seule la procédure protège.
La chronologie des mesures
Meta renforce WhatsApp et Messenger
Alerte au partage d’écran avec un contact inconnu, aperçu de sécurité avant d’entrer dans un groupe, détection de messages suspects. Huit millions de comptes frauduleux supprimés au premier semestre.
Vérification du bénéficiaire dans les banques françaises
Une obligation européenne impose de contrôler la cohérence entre le numéro de compte et le nom du bénéficiaire avant un virement.
Création d’un fichier national des coordonnées bancaires frauduleuses
Le dispositif vise à renforcer la vérification des coordonnées avant paiement.
Publication du rapport français d’activité
504 000 demandes d’assistance en 2025, en hausse de 20 %. L’hameçonnage reste la menace numéro un avec 108 000 demandes.
La fraude au virement s’intensifie
Progression de 170 % tous publics confondus et de 93 % pour les seuls professionnels entre 2024 et 2025.
Le marché de la fraude s’industrialise
Kits d’hameçonnage prêts à l’emploi, places d’échange de données volées, centres d’appels composés de faux téléconseillers.
Les deux réflexes qui bloquent l’essentiel
Ils ne coûtent rien, ne demandent aucun outil, et suffisent à écarter la grande majorité des tentatives visant une petite entreprise.
Le contre-appel sur tout changement de coordonnées bancaires
Toute modification annoncée par un fournisseur déclenche un appel de vérification, sur le numéro que vous connaissiez déjà et jamais sur celui figurant dans le nouveau document. C’est la mesure la plus efficace de toute la liste.
La double validation au-delà d’un seuil
Celui qui saisit un virement n’est pas celui qui le valide, au-delà d’un montant défini à l’avance. Dans une structure de trois personnes, cela peut simplement être une confirmation orale systématique, tracée par écrit.
Ce que les protections des messageries couvrent
Les dispositifs annoncés en octobre 2025 sont réels et utiles : avertissement lors d’un partage d’écran avec un contact inconnu, aperçu de sécurité avant d’entrer dans un groupe, détection de messages suspects, suppression massive de comptes frauduleux.
Le partage d’écran mérite une explication, parce que la technique reste mal connue. Un escroc se fait passer pour un service d’assistance et obtient que sa victime partage son écran : il voit alors en direct les codes de validation reçus, les coordonnées affichées et tout ce qui est saisi. Un service légitime ne demande jamais cela.
Ces protections agissent sur le volume grand public. Elles n’ont en revanche aucun effet sur un message professionnel crédible envoyé depuis une adresse réellement compromise, qui est précisément ce qui coûte cher à une entreprise.
La technique qui monte
Le rapport français signale un renversement inédit : l’hameçonnage au faux numéro d’opposition. Ce n’est plus l’escroc qui appelle la victime, c’est la victime qui appelle l’escroc.
Le procédé est simple. Un message alarmiste annonce une opération frauduleuse et invite à joindre d’urgence un numéro d’opposition. Ce numéro est celui des escrocs, qui décrochent avec musique d’attente, script préparé et faux superviseur. La victime, ayant composé le numéro elle-même, n’a plus aucune méfiance.
La parade est identique à celle du contre-appel : le numéro d’opposition de votre banque figure au dos de votre carte et sur vos relevés. Il ne se trouve jamais dans un message reçu.
Ce qu’on nous demande le plus souvent.
Quelle est la menace numéro un en France ?
L’hameçonnage, avec 108 000 demandes d’assistance en 2025 et une progression de 70 % sur un an, selon le rapport d’activité de Cybermalveillance.gouv.fr publié le 26 mars 2026. Il représente à lui seul un tiers des sollicitations émanant de particuliers.
Les entreprises sont-elles davantage touchées ?
Les demandes d’assistance émanant d’entreprises et d’associations ont progressé de 73 % en un an, la plus forte hausse des trois catégories suivies. Elles ne représentent toutefois que 6 % du total, contre 93 % pour les particuliers.
Quelle fraude vise spécifiquement les professionnels ?
La fraude au virement, en hausse de 93 % pour les professionnels entre 2024 et 2025. Elle prend deux formes principales : le faux fournisseur qui annonce un changement de coordonnées bancaires, et la demande de virement urgent présentée comme émanant du dirigeant.
Comment bloquer la fraude au changement de coordonnées bancaires ?
Par un contre-appel systématique, sur le numéro que vous connaissiez déjà et jamais sur celui figurant dans le nouveau document. Cette mesure, gratuite et immédiate, bloque la grande majorité des tentatives.
Qu’est-ce que la vérification du bénéficiaire ?
Une obligation européenne applicable aux banques françaises depuis octobre 2025 : avant un virement, l’établissement vérifie la cohérence entre le numéro de compte saisi et le nom du bénéficiaire. C’est un filet de sécurité utile, mais il ne dispense pas du contre-appel.
Les protections des messageries suffisent-elles ?
Non. Les alertes au partage d’écran, la détection de messages suspects et la suppression de comptes frauduleux réduisent le volume des tentatives grand public. Elles n’ont aucun effet sur une fraude ciblée qui passe par un message professionnel crédible envoyé depuis une adresse compromise.
- Cybermalveillance.gouv.fr, rapport d’activité et état de la menace publié le 26 mars 2026 pour l’année 2025.
- Communication de Meta sur les protections déployées dans WhatsApp et Messenger et les comptes frauduleux supprimés, octobre 2025.
- Obligation européenne de vérification du bénéficiaire applicable aux banques françaises depuis octobre 2025.
- Analyses sectorielles sur la fraude financière en entreprise et les procédures de prévention, 2026.
- Recommandations professionnelles sur le contre-appel systématique en cas de changement de coordonnées bancaires.
WY-Créations conçoit des sites internet et construit des stratégies de visibilité pour les artisans, les TPE, les PME et les professions libérales depuis 2018. Les chiffres publiés dans cet article proviennent de sources françaises et sont datés. Pour aller plus loin : la messagerie professionnelle, la sauvegarde et la sécurité ou le dépannage de serveur.
Avez-vous une règle écrite sur les changements de RIB ?
Un contre-appel systématique au numéro déjà connu bloque la grande majorité des tentatives. Il ne coûte rien et prend deux minutes.