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Pour s’informer, les jeunes privilégient l’IA et les réseaux sociaux | WY-Créations®
INFORMATION · IA · RÉSEAUX SOCIAUX

Pour s’informer, les jeunes privilégient
l’IA et les réseaux sociaux.

Ce n’est plus une impression. En 2026, les plateformes sociales, la vidéo et les assistants d’intelligence artificielle occupent une place centrale dans la manière dont les jeunes accèdent à l’actualité. Chez les 18-24 ans, 52 % citent désormais les réseaux sociaux, les plateformes vidéo et les chatbots IA comme leur principale porte d’entrée vers l’information. Une rupture qui oblige médias, entreprises et institutions à revoir la façon dont leurs contenus sont découverts. Mise à jour : 7 septembre 2026 · Données Reuters Institute 2026 · 9 min de lecture
Jeunes utilisant l'intelligence artificielle et les réseaux sociaux pour s'informer

L’information n’a pas disparu. Le chemin pour y accéder, lui, est en train de changer. Au lieu d’ouvrir directement le site d’un journal ou d’une chaîne d’information, une partie croissante des jeunes découvre un sujet dans un fil Instagram, une vidéo TikTok, un contenu YouTube ou une réponse générée par un chatbot. Le média d’origine reste souvent derrière l’information, mais il n’est plus forcément la première destination.

52 %des 18-24 anssocial, vidéo et IA comme principale porte d’entrée
42 %des 18-24 ansutilisent Instagram pour l’actualité
17 %des plus jeunesutilisent un chatbot IA pour l’actualité chaque semaine
54 %tous âges confondusutilisent réseaux sociaux et vidéo pour l’actualité

2026 marque une véritable rupture dans l’accès à l’information

Le changement était visible depuis plusieurs années. Il est désormais mesurable à l’échelle mondiale.

Le Digital News Report 2026 du Reuters Institute, qui couvre 48 marchés, constate que les réseaux sociaux et plateformes vidéo sont, pour la première fois, plus utilisés pour accéder à l’actualité que les sites et applications appartenant directement aux médias.

54 % des personnes interrogées utilisent les réseaux sociaux et les réseaux vidéo pour s’informer, contre 51 % pour les sites et applications des médias. Si l’on ajoute les chatbots d’intelligence artificielle, les sources tierces atteignent 56 %.

Chez les 18-24 ans, la fracture est encore plus nette : 52 % déclarent que les réseaux sociaux, les plateformes vidéo et les chatbots IA constituent leur principale source d’information. La deuxième catégorie de sources arrive très loin derrière.

Le véritable changement n’est donc pas la disparition de l’information journalistique. C’est la disparition progressive du réflexe consistant à se rendre directement sur le site d’un média pour la chercher.

Les 18-24 ans sont passés d’« online-first » à « social-first »

Il y a dix ans, la transformation semblait déjà accomplie : les jeunes avaient quitté une partie de la télévision et de la presse papier pour les sites d’information. Mais une deuxième migration s’est produite.

Selon une analyse publiée par le Reuters Institute en mars 2026, en 2015, 36 % des 18-24 ans considéraient encore les sites et applications d’information comme leur principale source, contre 21 % pour les réseaux sociaux. En 2025, les proportions s’étaient inversées : 39 % pour les réseaux sociaux contre 24 % pour les sites et applications des médias.

La vidéo a accéléré ce mouvement. TikTok, Instagram et YouTube ne sont plus uniquement des plateformes de divertissement : ils sont devenus des espaces où l’actualité est découverte, racontée, commentée et parfois expliquée.

En 2026, Instagram est même devenu le premier réseau social d’information chez les 18-24 ans dans l’étude mondiale du Reuters Institute, avec 42 % d’utilisation hebdomadaire pour l’actualité.

Autre évolution importante : sur les réseaux sociaux et vidéo, les jeunes disent accorder davantage d’attention aux créateurs individuels qu’aux marques de presse traditionnelles. L’information arrive donc de plus en plus incarnée par une personne plutôt que par le logo d’un média.

L’IA n’est plus seulement utilisée pour travailler : elle commence aussi à informer

L’autre changement majeur de 2026 concerne les chatbots d’intelligence artificielle tels que ChatGPT, Gemini ou Perplexity.

À l’échelle mondiale, 10 % des personnes interrogées déclarent avoir utilisé un chatbot IA pour s’informer au cours de la semaine précédente, contre 7 % un an auparavant. L’usage reste donc minoritaire, mais sa progression est rapide.

Et surtout, il est nettement plus fort chez les jeunes. Les données détaillées du Reuters Institute montrent qu’environ 17 % du groupe d’âge le plus jeune utilise déjà les chatbots pour l’actualité chaque semaine, contre environ 5 % chez les plus âgés.

Il faut toutefois éviter un raccourci : l’IA n’a pas encore « remplacé les médias ». Seulement 1 % des répondants la considèrent comme leur principale source d’actualité. Elle joue aujourd’hui davantage un rôle d’intermédiaire : expliquer un événement, résumer une affaire, comparer plusieurs éléments ou répondre à une question précise.

La fonctionnalité la plus appréciée par les utilisateurs d’IA pour l’actualité est d’ailleurs la possibilité de poser des questions complémentaires. C’est précisément ce qu’un article classique ou une recherche Google traditionnelle permet moins naturellement.

Cette évolution rejoint directement les transformations que nous suivons sur WY-Créations®, notamment avec la recherche Google enrichie par l’IA, les mécanismes de citation des sites dans ChatGPT ou encore la transformation de ChatGPT en plateforme d’usage quotidien.

Pourquoi les réseaux sociaux et l’IA gagnent-ils autant de terrain ?

Ce basculement ne signifie pas nécessairement que les jeunes ne veulent plus comprendre l’actualité. Il montre plutôt que leurs attentes ne correspondent plus toujours aux formats historiques de l’information.

  • La découverte est immédiate : l’information apparaît au milieu d’un flux déjà consulté pour d’autres raisons.
  • La vidéo simplifie l’entrée dans un sujet : quelques dizaines de secondes suffisent pour comprendre de quoi tout le monde parle.
  • Les créateurs incarnent l’information : le ton paraît plus direct, moins institutionnel et souvent plus proche du langage quotidien.
  • L’algorithme personnalise : chacun reçoit une actualité différente selon ses habitudes et centres d’intérêt.
  • L’IA permet d’interroger l’information : l’utilisateur peut demander « explique-moi simplement », « pourquoi ? », « quelles conséquences ? » ou « résume-moi cette affaire ».

Le Reuters Institute relève aussi que les jeunes sont davantage susceptibles de trouver certaines actualités difficiles à comprendre ou peu pertinentes pour eux. L’IA répond précisément à cette friction : elle peut transformer une information complexe en réponse adaptée à la question de l’utilisateur.

Les médias ne disparaissent pas : ils risquent surtout de devenir invisibles derrière l’intermédiaire

C’est probablement le point le plus important de cette transformation.

Un jeune peut parfaitement consommer une information provenant à l’origine d’un journal, d’une agence de presse ou d’une chaîne de télévision sans jamais ouvrir son site. Un créateur peut reprendre le sujet sur TikTok. Une publication Instagram peut le résumer. Un chatbot peut ensuite répondre à une question en s’appuyant sur plusieurs sources.

Le travail journalistique reste donc présent dans la chaîne, mais la relation directe entre le média et son lecteur s’affaiblit.

C’est un problème économique évident pour la presse : moins d’accès directs signifie potentiellement moins de pages vues, moins d’abonnements initiés depuis les sites et une dépendance accrue envers des plateformes dont les règles peuvent changer du jour au lendemain.

Nous l’avions déjà observé avec Google Discover et son influence sur le trafic des médias. L’IA ajoute désormais un intermédiaire supplémentaire.

Une information plus accessible, mais pas nécessairement plus fiable

Cette évolution apporte un confort évident. Elle crée aussi de nouveaux risques.

Un contenu viral n’est pas un contenu vérifié. Les systèmes de recommandation optimisent d’abord l’attention et l’engagement. Une vidéo spectaculaire, une affirmation simpliste ou une fausse information émotionnelle peut donc circuler beaucoup plus vite qu’une correction argumentée.

L’IA introduit un autre problème : une réponse parfaitement formulée peut être fausse, incomplète ou fondée sur des sources fragiles. Sa fluidité donne parfois une impression d’autorité supérieure à la fiabilité réelle de l’information.

Enfin, la personnalisation peut enfermer progressivement l’utilisateur dans un univers informationnel correspondant à ses opinions et à ses habitudes. Deux personnes peuvent suivre le même événement et recevoir des récits radicalement différents.

Ces risques rejoignent les sujets que nous avons déjà analysés sur la désinformation en ligne, la multiplication des contenus IA de faible qualité sur YouTube et la méfiance persistante du public envers l’intelligence artificielle.

Et ce changement ne concerne pas seulement les médias

Il serait tentant de considérer cette évolution comme un problème réservé aux journalistes. Ce serait une erreur.

Les mêmes habitudes commencent à modifier la manière dont les internautes recherchent une entreprise, un professionnel, un produit ou une réponse pratique. Au lieu de saisir quelques mots dans Google puis d’ouvrir plusieurs sites, l’utilisateur peut demander directement à une IA : « Quel professionnel choisir ? », « Quelle solution correspond à mon problème ? » ou « Compare-moi ces entreprises ».

Le mécanisme est comparable à celui de l’information : le site internet reste indispensable, mais il n’est plus systématiquement l’endroit où commence la recherche.

Pour les entreprises, la visibilité ne consiste donc plus uniquement à être bien positionné sur une page de résultats. Il faut également disposer d’informations suffisamment claires, cohérentes, crédibles et structurées pour pouvoir être comprises puis reprises par les nouveaux intermédiaires.

Ce qui se joue maintenant

La question n’est plus de savoir si les réseaux sociaux vont concurrencer les médias traditionnels. C’est déjà fait.

La nouvelle question est de savoir jusqu’où l’intelligence artificielle va s’insérer entre la source et le public.

Les données 2026 invitent cependant à éviter les prophéties excessives. L’usage de l’IA pour l’actualité progresse rapidement, particulièrement chez les jeunes, mais il ne remplace pas encore massivement toutes les autres sources.

En revanche, la direction générale est claire : l’accès direct recule au profit d’intermédiaires capables de sélectionner, reformuler et personnaliser l’information.

Pour les médias comme pour les entreprises, le défi des prochaines années sera donc double : continuer à produire une information originale et fiable, tout en restant identifiable comme source dans un environnement où l’utilisateur ne visite plus forcément le site qui l’a produite.

Ce qu’il faut retenir

  • 52 % des 18-24 ans citent réseaux sociaux, vidéo et chatbots IA comme leur principale porte d’entrée vers l’actualité.
  • Instagram est devenu un canal d’information majeur chez les 18-24 ans.
  • L’usage des chatbots pour l’actualité progresse rapidement, mais ils ne remplacent pas encore les médias comme source principale.
  • Les créateurs individuels prennent une place croissante dans la transmission de l’actualité.
  • Les médias traditionnels restent souvent à l’origine des informations, mais perdent une partie de la relation directe avec leur audience.
  • Les mêmes changements commencent à affecter la recherche de produits, de services et d’entreprises.
QUESTIONS FRÉQUENTES

Jeunes, réseaux sociaux et IA : les réponses essentielles.

Quelle est la principale source d’information des 18-24 ans en 2026 ?

À l’échelle des marchés étudiés par le Reuters Institute, 52 % des 18-24 ans citent les réseaux sociaux, les plateformes vidéo et les chatbots IA comme leur principale manière d’accéder à l’actualité.

Les jeunes utilisent-ils réellement ChatGPT pour s’informer ?

Oui, mais l’IA reste complémentaire. Environ 17 % du groupe d’âge le plus jeune utilise un chatbot pour l’actualité chaque semaine, tandis que seulement 1 % de l’ensemble des répondants considère l’IA comme sa source principale.

Quel réseau social est le plus utilisé par les 18-24 ans pour l’actualité ?

Dans le Digital News Report 2026, Instagram arrive en tête des plateformes sociales d’information chez les 18-24 ans, avec 42 % d’utilisation hebdomadaire.

Les médias traditionnels sont-ils condamnés à disparaître ?

Non. Leur contenu reste souvent à l’origine de l’information diffusée ailleurs. Le risque principal est plutôt la perte de la relation directe avec le lecteur lorsque plateformes, créateurs ou IA deviennent les intermédiaires.

Pourquoi l’IA plaît-elle pour comprendre l’actualité ?

Elle permet de résumer, reformuler et surtout de poser des questions complémentaires. Cette logique conversationnelle répond mieux à certaines attentes que la simple lecture d’une page.

Peut-on faire confiance à une IA pour s’informer ?

Une IA peut être utile pour comprendre ou explorer un sujet, mais une information importante doit être vérifiée auprès des sources originales et de plusieurs médias fiables.

SOURCES VÉRIFIÉES
  1. Reuters Institute — Digital News Report 2026, synthèse générale : consulter la source.
  2. Reuters Institute — usages émergents des chatbots IA pour l’actualité : consulter la source.
  3. Reuters Institute — Understanding young news audiences at a time of rapid change, mars 2026 : consulter la source.
Florence Salmon
Fondatrice de WY-Créations® — référenceuse senior et développeuse

Article entièrement réactualisé en septembre 2026 à partir des données du Digital News Report 2026. Le contenu d’origine identifiait déjà le déplacement de l’information vers les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle ; cette version s’appuie sur les chiffres désormais disponibles et les replace dans le contexte de la visibilité en ligne.

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