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NudeLeaksTeens fermé :
ce que le parquet a dit, et qui contacter

Le 7 octobre 2026, la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, a annoncé la fermeture de trois sites liés au service NudeLeaksTeens et l’interpellation de deux frères dans le Nord. Plus de 17 000 femmes de toutes nationalités sont concernées, dont certaines mineures. Les deux suspects ont depuis été mis en examen et placés en détention provisoire, mais rien n’est jugé. Les victimes peuvent écrire à une adresse dédiée de la gendarmerie : victimesNLT@gendarmerie.interieur.gouv.fr. Mise à jour : 11 octobre 2026·10 min de lecture·Publié en octobre 2026
Façade d’un bâtiment de justice, vue sobre sans personne

L’affaire a d’abord été présentée comme un coup de filet : un réseau démantelé, des cryptoactifs saisis, deux arrestations. Pour les milliers de femmes concernées, la question est ailleurs. Leur nom a circulé avec leur image, et elles veulent savoir à qui s’adresser. Le communiqué du parquet de Paris répond à cette question par une adresse précise. C’est l’information à retenir, bien avant le nom du site, que personne n’a intérêt à rechercher.

3sites fermésle 7 octobre 2026, avec les autorités américaines
17 000femmes et plusde toutes nationalités, dont certaines mineures
2frères interpellés21 et 25 ans, le 6 octobre, dans le Nord
700 000 €et plusd’actifs numériques saisis

Qu’a annoncé le parquet de Paris ?

Une fermeture, deux interpellations et une saisie. Pas une condamnation.

Le communiqué de Laure Beccuau est daté du 7 octobre 2026. L’opération s’inscrit dans une action conjointe avec les autorités policières et judiciaires des États-Unis, dirigée contre l’exploitation sexuelle de mineurs en ligne et contre la diffusion et la vente de contenus intimes volés à des femmes. Trois sites associés au service NudeLeaksTeens ont été fermés ce jour-là.

Selon le parquet, la plateforme vendait des contenus intimes obtenus sans le consentement des personnes, par différents moyens : piratage de comptes de réseaux sociaux, manipulation de mineures en ligne, diffusion non consentie par un ancien partenaire. Plus de 17 000 femmes de toutes nationalités sont concernées, dont certaines étaient mineures au moment des faits.

Le communiqué précise un point qui donne la mesure du préjudice : les victimes étaient identifiées par leur nom et classées selon des critères comme l’âge, le lieu de résidence ou la profession. Ce n’est pas seulement une image qui circulait, c’est une image rattachée à une identité.

Deux frères âgés de 21 et 25 ans, domiciliés dans le Nord, ont été interpellés le 6 octobre. Ils sont soupçonnés d’avoir été les principaux administrateurs du service. L’enquête préliminaire, conduite par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, a été confiée à l’Unité nationale cyber de la gendarmerie. Des actifs numériques ont été saisis pour plus de 700 000 euros, notamment en bitcoin, litecoin, USDT et ethereum.

Où en est la procédure judiciaire ?

Une information judiciaire est ouverte. Les deux hommes sont mis en examen et détenus, mais présumés innocents.

D’après l’AFP, les deux frères ont été mis en examen le vendredi 9 octobre, notamment pour détention, diffusion, mise à disposition et vente d’images pédopornographiques. Ils ont été placés en détention provisoire à l’issue d’un débat devant le juge des libertés et de la détention.

Selon la même source, ils ont reconnu les faits pendant leur garde à vue. L’aîné est soupçonné d’avoir créé le site, avant d’en partager la gestion avec son cadet. Ce dernier a déclaré à l’audience qu’il n’imaginait pas l’ampleur des dégâts et a présenté des excuses aux victimes. Leurs avocats indiquent que leurs clients entendent coopérer avec l’enquête.

Le parquet a évoqué, toujours selon l’AFP, des revenus de 30 000 à 60 000 euros par mois pour le site. Ce montant a été avancé à l’audience ; il ne figure pas dans le communiqué du 7 octobre et n’a pas été établi par un tribunal.

Une mise en examen signifie qu’il existe des indices graves ou concordants. Une détention provisoire est une mesure de sûreté. Ni l’une ni l’autre n’est une peine. Le procès, s’il a lieu, viendra plus tard.

Qui contacter quand on pense être concernée ?

L’adresse publiée par le parquet. Pas un formulaire trouvé sur un réseau social.

Le communiqué est direct : les victimes de la diffusion non consentie de contenus intimes sur la plateforme NudeLeaksTeens, de nationalité française ou étrangère, sont invitées à contacter l’Unité nationale cyber de la gendarmerie à l’adresse victimesNLT@gendarmerie.interieur.gouv.fr.

C’est la seule adresse à transmettre. Pas un lien raccourci, pas un compte qui promet de « faire retirer les photos » contre paiement, pas un service privé qui prétend vérifier si un nom figure dans la base. Ces intermédiaires apparaissent à chaque affaire de ce type, et certains exploitent la détresse des victimes.

Pour un contenu illicite encore visible ailleurs sur internet, la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur reste le canal de signalement général. Une plainte peut aussi être déposée au commissariat, à la gendarmerie ou par courrier au procureur de la République. Pour les mineurs et les jeunes majeurs victimes de violences en ligne, le 3018 accompagne les démarches, y compris pour obtenir le retrait de contenus.

Dans ce dossier précis, l’adresse dédiée prime : c’est elle qui relie directement la victime aux enquêteurs chargés de l’affaire.

Pourquoi ne faut-il pas chercher le site ?

Parce que le consulter, même « pour vérifier », reproduit exactement le circuit que l’enquête vient de couper.

Les trois adresses sont fermées, selon le parquet. Des copies peuvent exister ailleurs, comme souvent dans ce type d’affaire. Les chercher n’aide personne. Une partie des contenus relève de la pédopornographie, dont la simple consultation habituelle est un délit ; le reste est constitué d’images intimes diffusées sans consentement. Il n’existe aucune bonne raison d’aller les voir.

Le réflexe de « vérifier si on y est », ou si une proche y figure, se comprend. Il ne protège pas pour autant. La seule démarche utile consiste à écrire à l’adresse de la gendarmerie, qui dispose des données saisies et peut répondre dans un cadre légal.

Le même raisonnement vaut pour les noms. Le parquet ne publie aucune identité de victime, et la presse sérieuse non plus. Un commentaire, un post ou une conversation de groupe qui associe un nom, une ville ou un métier à cette affaire prolonge le classement que le site pratiquait. C’est la forme la plus directe de nouvelle diffusion.

D’autres plateformes du même genre ont été fermées ces derniers mois, en France comme à l’étranger. Chaque dossier a ses dates, ses enquêteurs et ses victimes. Les mélanger n’apporte rien à celles qui cherchent un interlocuteur.

Les sommes saisies vont-elles indemniser les victimes ?

Rien ne permet de l’affirmer aujourd’hui. Une saisie conserve des biens ; elle ne les distribue pas.

Le communiqué énumère des cryptoactifs pour un total supérieur à 700 000 euros. Leur sort dépendra de la suite de la procédure : une éventuelle confiscation prononcée par un tribunal, puis les demandes d’indemnisation que les victimes pourront présenter, en se constituant partie civile notamment.

Aucun fonds n’est annoncé, aucun montant par personne n’est évoqué. Dire à une victime que « l’argent saisi lui reviendra » serait inexact. Pour savoir comment faire valoir ses droits, les interlocuteurs sont l’Unité nationale cyber, un avocat, ou une association d’aide aux victimes, pas une publication sur les réseaux.

Il faut aussi garder en tête l’écart entre les chiffres. Plus de 700 000 euros saisis, 30 000 à 60 000 euros de revenus mensuels évoqués à l’audience, plus de 17 000 personnes touchées : aucune somme ne répare un préjudice de cette nature, et la procédure prendra du temps.

Que faire si une salariée ou une cliente se manifeste ?

Donner l’adresse, proposer d’être présent si elle le souhaite, et s’en tenir là.

Une salariée, une apprentie ou une cliente peut confier qu’elle pense figurer dans ce dossier, ou dans un autre du même type. La réponse utile tient en une phrase : l’adresse du communiqué, écrite en entier, et la proposition de rester à ses côtés pendant qu’elle envoie son message, si elle le demande.

On ne demande pas à voir. On ne demande pas depuis quand. On ne réunit pas l’équipe pour « gérer la situation ». Une capture reçue ne se range pas dans un dossier partagé et ne se transfère pas « pour preuve » à la direction. Les éléments de preuve se constituent avec les enquêteurs, pas dans une chaîne de courriels interne qui crée autant de copies que de destinataires.

Si la personne est mineure, par exemple une apprentie ou une stagiaire, ce n’est pas à un collègue d’agir à sa place. Les démarches passent par ses représentants légaux, avec l’unité indiquée ou le 3018. L’entreprise n’enquête pas et ne contacte pas la famille de sa propre initiative pour « vérifier ».

Un client qui demanderait à l’entreprise de « faire supprimer » un contenu n’a pas le bon interlocuteur. Promettre un retrait en quarante-huit heures sans aucun pouvoir sur l’hébergeur est une phrase commerciale ; elle ne retire rien. Le signalement se fait à Pharos ou à l’adresse dédiée.

Le silence public, enfin, n’est pas de l’indifférence. Un communiqué d’entreprise qui raconte l’affaire, cite le site et assure être « vigilant » attire des recherches, soit l’inverse de ce dont les victimes ont besoin.

Qu’est-ce qu’une entreprise maîtrise vraiment ?

Pas le téléphone personnel de ses équipes. Mais ses propres comptes, et la façon dont circulent les images de son personnel.

Le parquet cite, parmi les sources des contenus, le piratage de comptes de réseaux sociaux. Il ne décrit pas de mode opératoire, et il n’y a pas lieu d’en donner un. Le constat suffit : un compte mal protégé est une porte, et les images qui s’y trouvent peuvent sortir du cercle prévu.

Les accès partagés. Un compte Instagram ou Facebook d’entreprise utilisé par plusieurs personnes avec le même mot de passe, une session restée ouverte sur un ordinateur commun : ce sont les failles les plus fréquentes. Des accès individuels, la double authentification et des mots de passe distincts les réduisent.

Les photos du personnel. Une photo d’équipe publiée sur le site ou les réseaux de l’entreprise se fait avec l’accord de chacun, et se retire à la demande. Cela relève du droit à l’image et du RGPD, pas de la courtoisie.

Les messageries internes. Un groupe WhatsApp professionnel n’est pas un lieu pour faire circuler des images personnelles, même « pour rire ». Une règle simple, posée tôt, évite des situations très difficiles à rattraper.

Changer un mot de passe ne répare pas une image déjà diffusée. Cela limite la suivante. C’est la part du problème sur laquelle une entreprise a prise.

FAQ

Questions fréquentes

Les sites de NudeLeaksTeens sont-ils encore en ligne ?

Le parquet de Paris indique que trois sites liés au service ont été fermés le 7 octobre 2026. Une copie peut exister ailleurs ; elle se signale à Pharos, elle ne se consulte pas.

Les deux frères sont-ils condamnés ?

Non. Ils ont été interpellés le 6 octobre, puis mis en examen et placés en détention provisoire le 9 octobre selon l’AFP. Ils restent présumés innocents jusqu’à un éventuel jugement.

Qui peut écrire à la gendarmerie ?

Les victimes de la diffusion non consentie de contenus intimes sur cette plateforme, françaises ou étrangères, à l’adresse victimesNLT@gendarmerie.interieur.gouv.fr.

Une victime mineure doit-elle passer par ses parents ?

Les démarches judiciaires d’un mineur se font avec ses représentants légaux. Le 3018 peut aussi accompagner les jeunes victimes de violences en ligne.

Une entreprise peut-elle écrire à la place d’une salariée ?

Seulement si la personne le demande expressément. Le message part d’elle ; l’entreprise transmet l’adresse et s’abstient de chercher ou de conserver quoi que ce soit.

Les victimes seront-elles indemnisées avec les sommes saisies ?

Rien n’est décidé. Les plus de 700 000 euros saisis restent bloqués pendant la procédure ; leur éventuelle confiscation et l’indemnisation des victimes relèveront d’un tribunal.

Florence Salmon
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