Et si votre prochain partenaire de running
était un robot humanoïde ?
Aucun robot ne se vend aujourd’hui comme partenaire de course à pied. Mais ce qui relevait de la démonstration il y a dix-huit mois se mesure désormais au chronomètre, sur piste et sur semi-marathon, et la progression entre les éditions 2025 et 2026 de la course de Pékin est difficile à croire sans regarder les chiffres.
Savent-ils vraiment courir ?
Oui, et la réponse a changé de nature entre 2025 et 2026.
Il y a dix-huit mois, faire courir un humanoïde relevait encore de l’exploit d’ingénierie, à surveiller de près. Aujourd’hui, des dizaines de machines s’alignent sur la même course et la terminent.
Cela ne signifie pas pour autant qu’un robot peut accompagner un coureur en ville. Entre une compétition organisée sur un parcours préparé, avec des équipes techniques au bord de la piste, et un jogging du dimanche matin, l’écart reste considérable.
2025 : une première édition difficile
Le 19 avril 2025, Pékin organise le premier semi-marathon mondial dédié aux robots humanoïdes, dans le district de Yizhuang, en parallèle d’une course humaine et sur une voie séparée.
Vingt et un robots prennent le départ sur les 21,0975 kilomètres réglementaires. Les tailles vont de moins de 120 centimètres à 1,80 mètre. La course avait été reportée de six jours en raison de vents violents.
Le résultat est plus modeste qu’on ne le retient souvent : un seul robot termine dans le temps limite. Il s’agit de Tiangong Ultra, développé par le Beijing Humanoid Robot Innovation Center, en 2 h 40 min 42 s.
Le vainqueur mesurait environ 1,80 mètre pour 55 kilogrammes, avec une vitesse de pointe alors annoncée à 12 km/h et une allure tenue autour de 7 à 8 km/h. Le temps officiel correspond, par le calcul, à environ 7 min 37 s au kilomètre.
2026 : un an plus tard, autre échelle
La deuxième édition se tient le 19 avril 2026, sur le même parcours. Le contraste est saisissant.
Plus de trois cents robots participent, contre vingt et un l’année précédente, aux côtés de plus de douze mille coureurs humains. Le vainqueur, baptisé Lightning et développé par la marque chinoise Honor, boucle la distance en 50 min 26 s.
Les trois premières places reviennent à la même équipe. Rapporté à la distance, ce temps correspond à environ 2 min 23 s au kilomètre, soit près de 25 kilomètres par heure de moyenne.
Pourquoi la comparaison avec l’humain est délicate
Les organisateurs ont souligné que ce chrono était inférieur au record du monde masculin sur la distance, qui se situe sous les cinquante-sept minutes. L’affirmation est exacte sur le papier. Elle demande néanmoins d’être replacée dans son contexte.
Les deux courses n’obéissent pas aux mêmes règles. Les compétitions robotiques admettent des interventions techniques et des remplacements de batterie en cours d’épreuve, ce qui n’a aucun équivalent pour un athlète. Le parcours, les conditions et les critères de classement diffèrent également.
Comparer un temps de robot et un record humain revient donc à comparer deux disciplines, non deux performances de même nature. Cela n’enlève rien à la progression accomplie, mais interdit d’en tirer la conclusion que les machines courent désormais mieux que les meilleurs coureurs.
Unitree H1, de la piste à la vitesse de pointe
L’autre trajectoire à suivre est celle du H1, un humanoïde grandeur nature d’environ 1,80 mètre.
En 2024, le constructeur annonçait 3,3 mètres par seconde. En août 2025, aux premiers World Humanoid Robot Games de Pékin, le H1 remporte le 1 500 mètres en 6 min 34,40 s, soit environ 13,7 kilomètres par heure de moyenne, et le 400 mètres en 1 min 28,03 s.
Le 11 avril 2026, Unitree annonce avoir dépassé dix mètres par seconde en vitesse de pointe, soit plus de trente-six kilomètres par heure.
Black Panther n’est pas un humanoïde
Ce robot revient dans toutes les discussions sur la vitesse robotique, et la confusion mérite d’être levée.
Black Panther 2.0, développé notamment par un centre d’innovation rattaché à l’université du Zhejiang, a atteint dix mètres par seconde en 2025. Sa version suivante est donnée à 10,9 mètres par seconde, avec cent mètres en 13,1 secondes.
Mais il s’agit d’un quadrupède, haut de 63 centimètres pour 38 kilogrammes. Un robot à quatre pattes n’a pas les mêmes contraintes d’équilibre qu’un bipède : il dispose en permanence de plusieurs appuis, là où un humanoïde doit gérer un déséquilibre contrôlé à chaque foulée.
Ses performances éclairent l’évolution générale de la locomotion robotique, sans rien démontrer sur ce qu’un partenaire de course bipède pourrait faire.
Les performances en un tableau
Les lignes ci-dessous ne se comparent pas entre elles : certaines mesurent une vitesse instantanée, d’autres une course d’endurance.
| Robot | Type | Performance | Date |
|---|---|---|---|
| Tiangong Ultra | Humanoïde | Semi-marathon en 2 h 40 min 42 s | 19 avril 2025 |
| Unitree H1 | Humanoïde | 1 500 m en 6 min 34,40 s | Août 2025 |
| Unitree H1 | Humanoïde | Vitesse de pointe supérieure à 10 m/s | 11 avril 2026 |
| Lightning | Humanoïde | Semi-marathon en 50 min 26 s | 19 avril 2026 |
| Black Panther 2.0 | Quadrupède | Vitesse de pointe de 10 m/s | Janvier 2025 |
| Black Panther 2.2 | Quadrupède | 10,9 m/s, cent mètres en 13,1 s | 2025 |
À quoi ressemblerait un vrai partenaire de course
Cette partie est prospective et doit être lue comme telle. Aucun produit actuel ne réunit ces fonctions.
Un robot destiné à courir aux côtés d’une personne devrait au minimum adapter son allure en continu, tenir la distance, gérer un sol irrégulier, éviter les piétons, les vélos et les chiens, supporter la pluie et la chaleur, comprendre des consignes vocales, conserver une distance sûre et détecter un problème survenu au coureur.
À quoi s’ajoutent une autonomie suffisante, un fonctionnement sans équipe technique, un coût acceptable et un cadre légal permettant de l’utiliser dans l’espace public. Le sujet du prix et de l’assistance humaine est illustré par le cas d’un robot domestique piloté à distance.
Les avantages théoriques d’un tel accompagnateur sont réels : allure parfaitement régulière, fractionné chronométré à la seconde, disponibilité à toute heure, aucune baisse de motivation. Ce sont des hypothèses, pas des fonctionnalités commercialisées.
Les verrous qui restent
Le principal est énergétique, et il est structurel.
Un coureur boucle un semi-marathon sans changer de source d’énergie. Les humanoïdes actuels consomment beaucoup, et les compétitions reposent sur des stratégies de remplacement de batterie. Le H1 est ainsi équipé d’une batterie de 864 wattheures, conçue pour être échangée rapidement.
L’autonomie réelle dépend de la vitesse, du terrain, du poids, de la température et de la stratégie de contrôle. Aucun constructeur ne publie de durée certifiée dans des conditions de course.
Un second chantier progresse en parallèle : la robustesse. Des travaux académiques menés en 2026 sur le Unitree G1 montrent des politiques de contrôle unifiées permettant de marcher, de courir, de passer de l’un à l’autre et de se relever après une chute. C’est de la recherche, pas une fonction disponible sur un produit.
Le robot ne remplace pas l’entraîneur
Un robot capable de tenir cinq minutes au kilomètre n’est pas pour autant capable de concevoir un entraînement.
Cinq fonctions distinctes se confondent souvent dans les discussions sur ce sujet : la locomotion, le maintien d’une allure, l’élaboration d’un plan, l’analyse physiologique et la sécurité médicale. Savoir courir ne donne accès qu’à la première.
Un entraîneur tient compte de la fatigue, des blessures passées, des objectifs, du contexte de vie et de ce qu’il observe séance après séance. Un robot pourrait assister certains de ces usages. Rien n’indique qu’il puisse les remplacer.
Pourquoi les chercheurs les font courir
La réponse la plus intéressante n’a rien à voir avec le sport.
Courir sollicite simultanément l’équilibre dynamique, la puissance des actionneurs, le contrôle des articulations, la coordination, la dissipation thermique, la perception, la résistance mécanique, l’autonomie et la capacité à se rétablir après une perturbation.
C’est d’ailleurs la logique des centres d’entraînement décrits dans notre article sur les écoles de robots : produire des données d’interaction réelle plutôt que des démonstrations. Aucun autre exercice ne met autant de sous-systèmes à l’épreuve en même temps, ni de façon aussi mesurable. Une course fournit un chronomètre, un classement et des pannes visibles de tous.
Ces compétitions ne signifient donc pas qu’un industriel cherche à vendre des joggeurs mécaniques. Elles servent de banc d’essai à des technologies destinées ensuite à l’industrie, à la logistique ou à l’assistance.
Ce qu’il faut retenir
- Le meilleur temps sur semi-marathon est passé de 2 h 40 min 42 s à 50 min 26 s en un an.
- En 2025, un seul robot sur vingt et un avait terminé dans les délais.
- Vitesse de pointe et allure d’endurance sont deux mesures sans rapport.
- Black Panther est un quadrupède, pas un humanoïde.
- Aucun robot n’est commercialisé comme partenaire de course, et l’autonomie reste le verrou principal.
La chronologie
Le premier semi-marathon humanoïde
Vingt et un robots s’élancent à Pékin sur 21,0975 km, en parallèle d’une course humaine et sur une voie séparée. Un seul termine dans le temps limite.
Les premiers World Humanoid Robot Games
Le Unitree H1 remporte le 1 500 m en 6 min 34,40 s et le 400 m en 1 min 28,03 s.
Le seuil des 10 m/s
Unitree annonce que son H1 a dépassé dix mètres par seconde en vitesse de pointe, soit plus de trente-six kilomètres par heure.
La deuxième édition
Plus de trois cents robots participent. Lightning, développé par Honor, l’emporte en 50 min 26 s. Les trois premières places reviennent à la même équipe.
Ouverture des inscriptions 2027
Les candidatures internationales sont ouvertes pour l’édition suivante.
La prochaine édition
La compétition devient un rendez-vous annuel, ce qui permettra de mesurer la progression d’une année sur l’autre.
Ce qu’on nous demande le plus souvent.
Un robot humanoïde peut-il courir ?
Oui. Plusieurs modèles courent sur piste, et des compétitions dédiées les font concourir jusqu’au semi-marathon. Les performances ont progressé très vite entre 2025 et 2026.
Quel robot a remporté le premier semi-marathon humanoïde ?
Tiangong Ultra, développé par le Beijing Humanoid Robot Innovation Center, le 19 avril 2025, en 2 h 40 min 42 s. Sur vingt et un robots engagés, il fut le seul à franchir la ligne dans le temps limite.
Quel est le record actuel sur semi-marathon ?
Cinquante minutes et vingt-six secondes, réalisées le 19 avril 2026 par Lightning, un robot développé par la marque chinoise Honor. Ce chrono est inférieur au record du monde masculin humain, ce que les organisateurs ont mis en avant.
Faut-il comparer ce chrono au record humain ?
Avec beaucoup de prudence. Les deux courses n’obéissent pas aux mêmes règles : les compétitions robotiques admettent des interventions techniques et des remplacements de batterie qui n’ont aucun équivalent dans une épreuve humaine.
Quelle est la vitesse d’un robot humanoïde ?
Cela dépend de l’effort. Unitree a annoncé le 11 avril 2026 une vitesse de pointe supérieure à dix mètres par seconde pour son H1, soit plus de trente-six kilomètres par heure. Une vitesse de pointe ne se maintient pas sur une longue distance.
Black Panther est-il un robot humanoïde ?
Non, c’est un quadrupède. Ses performances de vitesse sont impressionnantes mais ne disent rien de ce qu’un robot bipède peut faire : les deux architectures n’ont pas les mêmes contraintes d’équilibre.
Peut-on acheter un robot pour courir avec soi ?
Pas à ce jour. Des humanoïdes sont commercialisés pour la recherche et l’industrie, mais aucun produit grand public conçu comme partenaire de course n’est établi sur le marché.
Un robot peut-il remplacer un entraîneur ?
Non, et la question porte sur deux fonctions distinctes. Tenir une allure relève de la locomotion. Construire un entraînement suppose de tenir compte de la fatigue, des blessures, de l’historique et des objectifs d’une personne.
Quelle est la prochaine édition à Pékin ?
Le 18 avril 2027. Les inscriptions internationales ont été ouvertes en août 2026.
- Gouvernement municipal de Pékin, comptes rendus du premier semi-marathon humanoïde du 19 avril 2025 : distance, nombre de robots, vainqueur, temps, caractéristiques de Tiangong Ultra.
- Dépêches d’agence et reportages du 19 avril 2025 : assistance technique, surchauffes, chutes, remplacements de batterie, robots de 120 centimètres à 1,80 mètre.
- Communications de Pékin sur la deuxième édition du 19 avril 2026 : nombre de participants, vainqueur Lightning, temps de 50 min 26 s.
- Unitree, fiche technique du H1 et communications sur les résultats des World Humanoid Robot Games d’août 2025 ainsi que sur la vitesse de pointe annoncée le 11 avril 2026.
- Université du Zhejiang, publications relatives aux robots quadrupèdes Black Panther 2.0 et 2.2, utilisées ici à titre de comparaison uniquement.
- Ouverture des inscriptions internationales pour l’édition du 18 avril 2027, annoncée en août 2026.
- Les allures au kilomètre et les vitesses moyennes indiquées sont calculées à partir des temps officiels et ne sont pas communiquées par les organisateurs.
WY-Créations conçoit des sites internet et construit des stratégies de visibilité pour les artisans, les TPE, les PME et les professions libérales depuis 2018. Les performances citées sont datées, rattachées à leur épreuve et distinguées selon qu’il s’agit d’une vitesse de pointe ou d’une course d’endurance. Pour aller plus loin : toutes les actualités, les sites réalisés sur mesure ou nous contacter.