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Ce symbole inventé en quelques secondes structure chaque e-mail que vous envoyez depuis 50 ans | WY-Créations®

Ce symbole inventé en quelques secondes structure chaque e-mail que vous envoyez depuis 50 ans

Florence Salmon - Fondatrice WY-Créations

Florence Salmon

Fondatrice WY-Créations® – Référenceuse senior SEO & développeuse – +500 sites livrés depuis 2018

★★★★★ +126 avis 5 étoiles

@ — un seul caractère. Choisi en quelques secondes en 1971, par un ingénieur qui ne pensait pas faire l'histoire. Depuis ce jour, pas un seul email n'a été envoyé sans lui. Chaque adresse mail mondiale suit encore exactement la convention qu'il a inventée ce matin-là : utilisateur@serveur. L'arobase, symbole le plus consulté d'Internet, est né d'une décision improvisée sur un clavier poussiéreux du MIT.

Symbole arobase @ email histoire Ray Tomlinson 1971 invention adresse mail

Dans cet article

1971
Année du choix par Ray Tomlinson
347 Mds
Emails envoyés chaque jour en 2026
~10 s
Temps pour choisir le symbole @
1 char.
Le seul @ dans chaque adresse email

@ avant l'email : un symbole commercial oublié

Bien avant qu'Internet existe, le symbole @ avait déjà une vie. On le trouve dans des manuscrits commerciaux européens dès le XVe siècle, où les marchands l'utilisaient comme abréviation latine pour "amphora" — une unité de mesure. Au fil des siècles, il s'est glissé dans les pratiques comptables anglophones comme abréviation de "at the rate of" : "à raison de".

Une facture du début du XXe siècle pourrait contenir : 12 caisses @ 4,50 $ — douze caisses à 4,50 $ l'unité. Ce signe existait donc sur toutes les machines à écrire américaines bien avant l'ordinateur. C'est précisément pour cela qu'il se trouvait sur le clavier de Ray Tomlinson ce matin de 1971 — et nulle part ailleurs dans le cerveau d'un ingénieur qui cherchait désespérément un séparateur.

📜

La trace la plus ancienne connue

En 2000, un historien bulgare a découvert ce qui serait la plus ancienne occurrence connue du symbole @, dans un document commercial daté de 1345 — utilisé comme abréviation de "amphora" dans un contexte de mesure de blé. L'arobase avait déjà 626 ans quand Tomlinson l'a choisi pour les emails.

Ray Tomlinson : l'ingénieur qui n'a pas réalisé ce qu'il faisait

En 1971, Ray Tomlinson est ingénieur chez BBN Technologies, sous-traitant du Département de la Défense américain chargé du développement d'ARPANET — le réseau précurseur d'Internet. Sa mission du moment : améliorer un programme de messagerie nommé SNDMSG qui permettait aux utilisateurs d'un même ordinateur de se laisser des messages.

Tomlinson veut aller plus loin : permettre à des utilisateurs de machines différentes, reliées par ARPANET, de s'envoyer des messages. Le défi technique est simple à formuler : comment écrire une adresse qui indique à la fois qui est le destinataire et sur quel ordinateur il se trouve ?

"

J'ai regardé le clavier et j'ai cherché un signe qui n'apparaissait dans aucun nom propre et qui avait une signification locative. Le @ s'est imposé très vite.

— Ray Tomlinson, dans plusieurs interviews accordées avant son décès en 2016

L'ingénieur avait besoin d'un séparateur entre le nom d'utilisateur et le nom de la machine hôte. Ce séparateur devait répondre à trois critères : ne pas être utilisé dans les noms de personnes, avoir un sens directionnel (indiquer "chez" ou "sur"), et exister sur les claviers de l'époque. L'arobase cochait les trois cases.

Pourquoi @ et pas autre chose

La décision a pris moins de dix secondes. Tomlinson a balayé son clavier du regard et identifié les caractères non alphabétiques disponibles : !, #, $, %, &, *, (, ), -, +, =, / et @.

@

Chacun des autres caractères posait un problème. Le ! était utilisé dans les chemins de fichiers Unix. Le # avait déjà des fonctions dans certains protocoles. Le tiret - pouvait figurer dans des noms de serveurs. Le @ était à la fois non ambigu — il n'apparaissait dans aucun prénom, nom de famille ou nom de serveur de l'époque — et sémantiquement logique : en anglais, "at" signifie "chez", "à", "sur". L'adresse tomlinson@bbn se lit naturellement : "Tomlinson chez BBN".

La logique du séparateur : n'importe quel caractère "neutre" aurait pu fonctionner techniquement. La brillance de @ est qu'il n'est pas seulement neutre — il est sémantiquement juste. Il traduit instantanément la structure d'une adresse mail : une personne, chez un serveur. Cinquante ans plus tard, personne n'a trouvé mieux.

Le premier email de l'histoire

Tomlinson s'est envoyé le premier message à lui-même, entre deux ordinateurs PDP-10 distincts posés côte à côte dans son bureau, reliés via ARPANET. Il a tapé quelque chose sur l'un et l'a reçu sur l'autre. C'était la première fois dans l'histoire qu'un message électronique traversait un réseau pour atterrir dans la boîte d'un utilisateur différent sur une machine différente.

Quand on lui demandait ce que disait ce premier message, Tomlinson répondait avec humour que c'était probablement "QWERTYUIOP" — les premières touches de son clavier, frappées au hasard. Il n'a pas jugé utile de le noter. Il ne réalisait pas encore ce qu'il venait d'inventer.

C'est dans l'histoire des grandes inventions : comme Wikipedia dont le nom est lui aussi né d'une décision rapide et presque accidentelle, les conventions techniques les plus durables émergent souvent de choix improvisés qui n'ont jamais été remis en question.

Comment @ a conquis le monde entier

🕐 La propagation du symbole @

1971

Premier email : tomlinson@bbn-tenexa

Ray Tomlinson envoie le premier message inter-machines sur ARPANET. L'arobase naît comme séparateur utilisateur/serveur.

1982

Le format se standardise avec SMTP

Le Simple Mail Transfer Protocol (SMTP) codifie le format utilisateur@domaine comme standard mondial. Plus aucun retour en arrière possible.

1993

AOL et les premiers webmails grand public

L'email quitte les laboratoires universitaires et militaires pour entrer dans les foyers. Des millions de personnes créent leur première adresse avec @.

2004

Gmail révolutionne le webmail

Google lance Gmail avec 1 Go de stockage gratuit. L'arobase devient un élément identitaire universel. Chaque être humain connecté en possède un.

2026

347 milliards d'emails par jour

Chacun d'entre eux contient au moins un @. Le symbole choisi en quelques secondes est devenu le caractère typographique le plus fonctionnel de l'ère numérique.

L'arobase s'appelle différemment dans chaque pays

Le signe @ n'a pas de nom universel. Chaque culture l'a baptisé selon ce à quoi il ressemble — et les métaphores varient de façon savoureuse d'un pays à l'autre. Une universalité de la forme, une diversité absolue du sens.

🇫🇷

France

Arobase

Du latin "ad + rhobus"

🇩🇪

Allemagne

Klammeraffe

"Singe araignée"

🇷🇺

Russie

Sobaka

"Petit chien"

🇮🇹

Italie

Chiocciola

"Escargot"

🇳🇱

Pays-Bas

Apenstaartje

"Queue de singe"

🇸🇪

Suède

Kanelbulle

"Petit pain à la cannelle"

En Grèce, c'est un petit canard. En Chine et au Japon, on l'appelle simplement at, adopté phonétiquement de l'anglais. En Israël, c'est un strudel. Partout dans le monde, les gens ont instinctivement cherché quelque chose de circulaire avec une queue — et chaque culture y a vu un animal ou une pâtisserie différente.

50 ans plus tard : le symbole qui n'a pas vieilli d'une seconde

En 2026, 347 milliards d'emails sont envoyés chaque jour. Chacun d'entre eux obéit exactement à la convention inventée en quelques secondes par un ingénieur de 30 ans qui voulait juste connecter deux ordinateurs dans un couloir. Aucun comité, aucun standard body, aucune consultation n'a jamais remis en question le choix de l'arobase.

📧 L'email reste dominant

Malgré WhatsApp, Slack et Teams, l'email reste le canal de communication professionnel irremplaçable. Les campagnes multicanales montrent que l'email, le chat et les réseaux sociaux se complètent — mais l'email reste le socle contractuel et légal de toute communication numérique.

🔒 L'email, terrain de cyberguerre

Ce canal universel est aussi le vecteur d'attaque privilégié : un email sur quatre est malveillant selon Barracuda Networks. Le symbole @ qui devait connecter les gens est devenu le terrain de prédilection du phishing, des ransomwares et de l'ingénierie sociale.

💡 L'identité numérique universelle

Votre adresse email — avec son arobase — est devenue votre identité numérique principale. C'est avec elle que vous vous connectez à presque tous les services en ligne, que vous recevez vos factures, que vous gérez vos données personnelles sous le RGPD.

📬 Les alternatives se cherchent encore

Des messageries comme Slack ou Teams ont tenté de détrôner l'email en entreprise. Elles ont réussi à compléter, jamais à remplacer. Les notifications push et les messageries instantanées servent d'autres usages — l'email reste la référence formelle.

Ray Tomlinson est décédé en 2016. Il n'a jamais breveté sa convention — il n'en avait pas la propriété, puisque son travail appartenait à BBN et au gouvernement américain. Son nom est peu connu du grand public. Mais le signe qu'il a sélectionné en quelques secondes sur un clavier poussiéreux de Cambridge, Massachusetts, structure chaque échange numérique de la planète, chaque matin, depuis plus de cinquante ans.

Pour aller plus loin : si vous gérez votre messagerie professionnelle sur Gmail, notre guide comment supprimer définitivement un compte Gmail en 2026 vous accompagne étape par étape. Et si Outlook ne fonctionne plus, la solution radicale qui marche est plus simple qu'on ne le croit.

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Questions fréquentes

Qui a inventé l'usage de l'arobase dans les adresses email ?

Ray Tomlinson, ingénieur américain chez BBN Technologies, en 1971. Il cherchait un séparateur non ambigu entre le nom d'utilisateur et le nom du serveur hôte. Il a balayé son clavier en quelques secondes et choisi @ car il n'apparaissait dans aucun prénom ni nom propre.

Quel était le contenu du premier email envoyé avec un arobase ?

Tomlinson ne s'en souvenait pas avec précision. Il pensait avoir tapé quelque chose comme "QWERTYUIOP" — les premières touches de son clavier au hasard. Il ne l'a pas noté car il ne réalisait pas encore la portée historique de son envoi.

Pourquoi @ et pas un autre caractère ?

L'arobase était le seul caractère du clavier de Tomlinson qui n'apparaissait dans aucun nom de personne ni de serveur, et qui avait un sens directionnel naturel en anglais ("at" = "chez", "sur"). Sa sémantique correspondait parfaitement à la logique utilisateur@serveur.

Comment s'appelle le @ en France ?

En France, on l'appelle "arobase". Le terme vient du latin "ad rhobus", qui désignait une mesure de poids en forme de rhombe (losange). D'autres pays ont des noms beaucoup plus imagés : "escargot" en Italie, "queue de singe" aux Pays-Bas, "singe araignée" en Allemagne, "petit pain à la cannelle" en Suède.

Tomlinson a-t-il été récompensé pour son invention ?

Très tard et très discrètement. Il a reçu le Prix de technologie du prince des Asturies en 2009, partagé avec d'autres pionniers d'Internet. Comme pour beaucoup d'inventeurs des années 70, son travail appartenant à l'employeur et au gouvernement, il n'a jamais perçu de revenus liés à sa convention. Il est décédé en 2016 à 74 ans.

L'arobase existait-il avant les emails ?

Oui. Le symbole @ apparaît dans des manuscrits commerciaux dès le XVe siècle, comme abréviation latine d'"amphora" (unité de mesure). Dans les pays anglophones, il était utilisé dans les factures au sens de "à raison de" (at the rate of). Il était présent sur toutes les machines à écrire américaines bien avant l'invention d'Internet.

L'email pourrait-il un jour se passer du @ ?

Techniquement, une autre convention aurait pu émerger — mais aujourd'hui c'est impossible. Le format utilisateur@domaine est codifié dans des milliers de standards internationaux, intégré dans des milliards de systèmes et reconnu universellement. Changer le @ impliquerait de modifier simultanément l'intégralité de l'infrastructure email mondiale — un chantier absurde.

Combien d'emails sont envoyés chaque jour en 2026 ?

Environ 347 milliards d'emails par jour dans le monde en 2026, d'après les estimations des principaux cabinets d'analyse du secteur. Tous obéissent à la convention inventée par Tomlinson en 1971. C'est plus de 4 millions d'emails à chaque seconde.