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ANDROID · GEMINI · MALWARE · CYBERSÉCURITÉ

PromptSpy : ce malware Android utilise Gemini
et peut bloquer sa désinstallation sur votre smartphone.

Un malware Android peut désormais intégrer Gemini, l’intelligence artificielle de Google, dans sa propre chaîne d’exécution pour interpréter l’interface du téléphone et adapter certaines actions en temps réel. C’est pourtant ce qu’a découvert ESET en février 2026 avec PromptSpy, le premier malware Android connu à intégrer une IA générative dans sa chaîne d’exécution. Son objectif n’est pas seulement de rester actif : il peut déployer un module VNC, enregistrer l’écran, intercepter des données de verrouillage et bloquer la désinstallation classique avec des superpositions invisibles. Mise à jour : 9 septembre 2026 · Android & cybersécurité · PromptSpy
PromptSpy, malware Android utilisant Gemini

Le titre mérite toutefois une précision importante : PromptSpy n’est pas réellement impossible à supprimer. Il peut rendre le bouton de désinstallation inutilisable et empêcher un retrait normal tant que le téléphone fonctionne en mode habituel. ESET indique cependant qu’un redémarrage en mode sans échec permet de désactiver les applications tierces et de supprimer le malware.

PromptSpy : le premier malware Android connu à utiliser l’IA générative pendant son exécution

ESET Research a rendu publique la découverte de PromptSpy le 19 février 2026.

Le malware représente une étape importante dans l’évolution des menaces Android car il ne se contente pas d’avoir été créé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Il appelle réellement Gemini pendant son fonctionnement.

Selon ESET, l’usage de l’IA reste limité à une partie précise du malware : le mécanisme permettant à PromptSpy de rester actif et plus difficile à fermer.

Gemini n’est donc pas utilisé pour voler directement les mots de passe ou commander le téléphone. Il sert à comprendre l’interface Android affichée à l’écran et à déterminer quelles actions effectuer pour maintenir le malware dans la liste des applications récentes.

C’est une différence majeure avec un script classique. Un script doit généralement connaître à l’avance les menus, boutons ou coordonnées qu’il va manipuler. L’IA peut, elle, interpréter une interface légèrement différente selon la marque du téléphone ou la version d’Android.

Comment Gemini aide PromptSpy à s’adapter à presque n’importe quel Android

Android existe sur des milliers de modèles de smartphones et les interfaces varient énormément entre Samsung, Xiaomi, Oppo, Vivo, Motorola ou d’autres constructeurs.

C’est habituellement une difficulté pour les malwares reposant sur l’automatisation de l’interface.

PromptSpy contourne partiellement ce problème en récupérant l’état de l’écran et en demandant à Gemini de déterminer les gestes nécessaires pour atteindre son objectif.

Le modèle fournit ensuite des instructions au malware : appuyer ici, glisser là, ouvrir tel menu, confirmer telle action.

L’objectif observé par ESET consiste notamment à faire apparaître le malware comme « verrouillé » ou épinglé dans la liste des applications récentes.

Cette manipulation évite qu’Android ferme facilement le processus lorsqu’il cherche à libérer de la mémoire.

Le malware devient donc plus adaptable qu’un code utilisant uniquement des positions d’écran codées en dur.

Pourquoi PromptSpy donne l’impression qu’il est impossible à désinstaller

C’est probablement la technique la plus perturbante pour la victime.

Lorsque l’utilisateur tente de supprimer l’application, PromptSpy peut identifier la position du bouton « Désinstaller ».

Le malware affiche alors une superposition transparente exactement au-dessus de ce bouton.

Visuellement, rien ne semble avoir changé. Le bouton est toujours là. Mais lorsque l’utilisateur appuie dessus, son geste est intercepté par la couche invisible.

Résultat : le bouton paraît ne plus fonctionner.

Google Threat Intelligence Group a également documenté cette mécanique en 2026 : PromptSpy utilise son module de protection pour couvrir les contrôles permettant de l’arrêter ou de le désinstaller.

C’est ce qui explique de nombreux titres parlant d’un malware « impossible à supprimer ». Techniquement, il bloque surtout la procédure normale de désinstallation tant que ses composants sont actifs.

Le véritable objectif de PromptSpy : donner le contrôle du téléphone aux attaquants

L’utilisation de Gemini attire l’attention, mais ce n’est pas le cœur de l’attaque.

Selon ESET, l’objectif principal de PromptSpy est de déployer un module VNC — Virtual Network Computing.

Un tel module permet à un opérateur distant d’observer le téléphone compromis et d’interagir avec lui.

Autrement dit, le malware ne se contente pas de collecter automatiquement quelques fichiers. Il peut transformer le smartphone en appareil contrôlable à distance.

Cette architecture rapproche PromptSpy des chevaux de Troie bancaires et autres outils de prise de contrôle distante déjà connus sur Android.

L’IA apporte principalement une nouvelle couche d’adaptation et de persistance.

Codes de verrouillage, écrans, vidéos : ce que PromptSpy peut récupérer

Les capacités documentées par ESET sont particulièrement intrusives.

PromptSpy peut notamment :

  • collecter des informations sur l’appareil ;
  • obtenir la liste des applications installées ;
  • réaliser des captures d’écran ;
  • enregistrer l’activité de l’écran en vidéo ;
  • identifier l’application actuellement utilisée ;
  • capturer des informations provenant de l’écran de verrouillage ;
  • enregistrer des schémas de déverrouillage ;
  • communiquer avec son serveur de commande et de contrôle ;
  • permettre une prise de contrôle via son module VNC.

Google Threat Intelligence Group indique également que les opérateurs peuvent utiliser Firebase Cloud Messaging pour relancer le backdoor lorsque l’appareil devient inactif.

L’enjeu dépasse donc largement la simple présence d’une application indésirable.

PromptSpy n’a jamais été distribué sur Google Play

C’est un point particulièrement important pour éviter de faire peur inutilement à tous les utilisateurs Android.

ESET indique que PromptSpy était distribué via un site dédié et qu’il n’a jamais été disponible sur Google Play.

L’application malveillante portait le nom MorganArg et utilisait une identité graphique semblant imiter une banque.

Le principal scénario de contamination passe donc par l’installation volontaire d’une application provenant d’une source externe.

Un smartphone sur lequel l’utilisateur installe exclusivement des applications depuis les boutiques officielles et conserve Play Protect actif réduit considérablement son exposition à cette version connue de PromptSpy.

Une attaque qui semble viser principalement l’Argentine

Les indices linguistiques et l’infrastructure étudiée par ESET suggèrent une campagne à motivation financière ciblant principalement des utilisateurs argentins.

Le nom MorganArg semble notamment faire référence à l’Argentine.

ESET précise cependant ne pas avoir observé PromptSpy dans sa télémétrie au moment de la publication de son étude.

Les chercheurs n’excluent donc pas que l’échantillon analysé ait encore été une preuve de concept ou une phase préparatoire plutôt qu’une campagne déjà déployée massivement.

C’est une nuance importante : PromptSpy est techniquement réel, mais rien ne permet de présenter en septembre 2026 des millions d’utilisateurs Android comme déjà infectés.

Google a désactivé les ressources liées à l’attaque

En mai 2026, le Google Threat Intelligence Group a publié sa propre analyse de PromptSpy. Google confirme que le malware embarque un module appelé GeminiAutomationAgent, capable de sérialiser la hiérarchie visible de l’interface Android puis d’envoyer ces informations au modèle Gemini 2.5 Flash-Lite. Le modèle renvoie ensuite des instructions exploitables par le malware pour naviguer dans l’interface.

GTIG va plus loin que la première analyse d’ESET : l’architecture observée a été pensée pour être extensible à d’autres objectifs de navigation autonome dans Android. Cela ne prouve pas que toutes ces possibilités ont été utilisées contre des victimes. Cela montre en revanche que PromptSpy n’est pas limité, dans sa conception, au seul épinglage dans les applications récentes.

Après la découverte de PromptSpy, ESET a partagé ses résultats avec Google dans le cadre de l’App Defense Alliance.

Google a ensuite indiqué avoir pris des mesures contre l’acteur et désactivé les ressources associées à l’activité identifiée.

Google précise également qu’aucune application contenant PromptSpy n’est actuellement détectée sur Google Play.

Les appareils Android disposant des Google Play Services bénéficient par ailleurs de Google Play Protect, activé par défaut, qui protège automatiquement contre les versions connues du malware.

Cette protection n’annule pas tous les risques liés au sideloading, mais elle réduit fortement le danger pour les utilisateurs conservant les mécanismes de sécurité Android actifs.

Comment supprimer PromptSpy si le bouton Désinstaller ne fonctionne plus ?

La bonne nouvelle est que la situation n’est pas irrécupérable.

ESET explique que PromptSpy peut être supprimé en redémarrant le téléphone en mode sans échec.

Ce mode démarre Android sans charger les applications tierces. Les mécanismes de PromptSpy, notamment les overlays empêchant la désinstallation, ne peuvent donc plus fonctionner normalement.

La procédure exacte dépend du fabricant, mais le principe est généralement le suivant :

  1. ouvrir le menu d’alimentation du téléphone ;
  2. maintenir l’option Éteindre ou utiliser la combinaison prévue par le constructeur ;
  3. choisir le redémarrage en mode sans échec ;
  4. ouvrir Paramètres → Applications ;
  5. identifier l’application malveillante — MorganArg pour l’échantillon étudié par ESET ;
  6. la désinstaller ;
  7. redémarrer ensuite normalement le téléphone.

Après une compromission de ce niveau, il est également prudent de modifier depuis un appareil sain les mots de passe sensibles utilisés sur le téléphone et de vérifier les comptes bancaires, messageries et services importants.

Si le comportement suspect persiste, une réinitialisation d’usine peut être envisagée après sauvegarde sélective des données nécessaires.

Les cinq réflexes qui réduisent réellement le risque

  • Éviter les APK inconnus : ne pas installer une application envoyée par message ou téléchargée depuis un site douteux.
  • Conserver Play Protect actif : il protège contre les versions connues de PromptSpy.
  • Vérifier les permissions d’accessibilité : une application inconnue demandant ce niveau d’accès doit immédiatement attirer l’attention.
  • Mettre Android à jour : les correctifs de sécurité réduisent les possibilités d’exploitation.
  • Ne jamais confondre nom connu et application officielle : voir « Gemini », « Chase » ou le nom d’une grande marque ne garantit absolument pas l’authenticité d’un APK.

La leçon dépasse PromptSpy : l’intelligence artificielle va probablement rendre certains malwares plus adaptatifs. Mais la méthode d’entrée reste encore très souvent humaine : convaincre quelqu’un d’installer le mauvais logiciel.

Cette évolution rejoint d’autres menaces mobiles déjà analysées sur WY-Créations, notamment notre article consacré à PromptSpy et Gemini, les failles permettant de compromettre rapidement certains smartphones Android ou encore la signification du point vert indiquant l’usage du micro ou de la caméra.

Ce qu’il faut retenir

  • PromptSpy est le premier malware Android connu à utiliser une IA générative pendant son exécution.
  • Il utilise Gemini pour interpréter l’interface Android et déterminer comment se verrouiller dans la liste des applications récentes.
  • Son objectif principal est de déployer un module VNC permettant un contrôle distant du téléphone.
  • Il peut enregistrer l’écran, collecter des informations de verrouillage et effectuer des captures d’écran.
  • Il peut empêcher la désinstallation classique en plaçant des overlays invisibles au-dessus des boutons système.
  • PromptSpy n’a jamais été distribué sur Google Play.
  • La campagne étudiée semble principalement liée à l’Argentine et pouvait encore être en phase de preuve de concept.
  • Google indique que Play Protect bloque les versions connues du malware.
  • PromptSpy n’est pas réellement impossible à supprimer : le mode sans échec permet de désinstaller l’application malveillante.
QUESTIONS FRÉQUENTES

PromptSpy, Gemini et Android : les réponses essentielles.

Quel est le nom du virus Android utilisant Gemini ?

Le malware découvert par ESET est baptisé PromptSpy. Il s’agit du premier malware Android connu à utiliser une IA générative pendant son exécution.

Gemini vole-t-il lui-même les données ?

Non. PromptSpy détourne Gemini pour interpréter l’interface du téléphone et guider certaines actions liées à sa persistance. Le vol de données et le contrôle distant sont réalisés par les composants du malware.

Pourquoi PromptSpy est-il difficile à désinstaller ?

Il peut afficher des zones transparentes au-dessus des boutons d’arrêt ou de désinstallation, empêchant les gestes de l’utilisateur d’atteindre les vrais contrôles Android.

PromptSpy est-il vraiment impossible à supprimer ?

Non. ESET indique qu’il peut être supprimé après un redémarrage en mode sans échec, où les applications tierces sont désactivées.

PromptSpy est-il présent sur Google Play ?

Non. ESET indique qu’il n’a jamais été distribué sur Google Play. Google précise également qu’aucune application contenant ce malware n’est actuellement présente sur sa boutique.

Google Play Protect détecte-t-il PromptSpy ?

Oui pour les versions connues. Google indique que les appareils Android disposant de Google Play Services sont automatiquement protégés via Play Protect.

Que faire après une infection ?

Supprimer l’application en mode sans échec, vérifier les permissions et les applications installées, modifier depuis un appareil sain les mots de passe sensibles et surveiller les comptes importants.

Qui était visé par PromptSpy ?

Les indices étudiés par ESET suggèrent principalement une cible argentine, avec une application malveillante appelée MorganArg. ESET n’avait toutefois pas encore observé de diffusion massive dans sa télémétrie lors de la publication de l’étude.

SOURCES
  1. ESET Research — « ESET Research discovers PromptSpy, the first Android threat to use generative AI », 19 février 2026 : consulter la source.
  2. ESET Research — version française consacrée à PromptSpy, 19 février 2026 : consulter la source.
  3. Google Threat Intelligence Group — analyse 2026 des usages malveillants de l’IA, incluant PromptSpy : consulter la source.
  4. The Hacker News — analyse technique de PromptSpy, 19 février 2026 : consulter la source.
Florence Salmon
Fondatrice de WY-Créations® — référenceuse senior et développeuse

Article entièrement réactualisé le 7 septembre 2026. La première version présentait le malware comme pratiquement impossible à retirer et restait vague sur l’usage réel de Gemini. Cette nouvelle version s’appuie sur l’analyse ESET et distingue le rôle de Gemini, les fonctions malveillantes de PromptSpy et la méthode réelle de suppression en mode sans échec.

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